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Ramadhan dans le monde

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04-04-2009
Aïn Defla, capitale de la pomme de terreDésirée, Kondor, Arinda, Spunta, Bartina, Obélix and co...

Des terres fertiles, de l'eau en abondance, une expérience acquise au fil des années, un soutien de l'Etat important et un amour particulier pour le travail de la terre sont les facteurs essentiels qui ont permis à la wilaya de Aïn Defla de détrôner à l'échelle nationale la wilaya de Mascara dans la production de la pomme de terre de consommation et de semence.

«Une évolution remarquable a été constatée à tous les niveaux de la filière durant ces dix dernières années», indique M. Kourde Abdelhai, chef de service de la Sopat au niveau de la direction des services agricoles de la wilaya en faisant remarquer que les superficies sont passées de 3000 à plus de 16 000 hectares, «et ce, grâce aux différents programmes de soutien de la tutelle FNDA, FNRPA qui ont permis la mobilisation de ressources hydriques et l'équipement d'importantes surfaces, ainsi que la réalisation d'infrastructures de stockage dont la capacité est estimée à quelque 150 000 mètres cubes et aux importantes capacités hydriques stockées au niveau des cinq barrages que compte la wilaya».

Aïn Defla pratique cette culture deux fois par an : la campagne de saison de début septembre à fin décembre, et la campagne d'arrière-saison de la mi-juin à la mi-juillet ; elle produit annuellement entre 300 000 et 350 000 tonnes de pomme de terre de consommation, soit le tiers de la consommation nationale, et 50 000 tonnes de pomme de terre de semence, soit 40% de la semence nationale. Ceci a contribué à l'émergence de producteurs professionnels relativement organisés et techniquement appuyés par les cadres des différentes institutions, principalement l'ITCMI (Institut de Technologie des Cultures Maraîchères et Industrielles).

Sur les 122 variétés homologuées par la tutelle, une dizaine seulement sont utilisées par les agriculteurs de Aïn Defla, à savoir la Spunta à concurrence de 36%, la Désirée à 24%, la Kondor à 12%, l'Atlas également à 12%, l'Arinda à 5%, la Bartina à 3% et enfin pour le reste les variétés Obelix, Buren, Agria et Dafler.  «Pour la campagne en cours, grâce aux conditions climatiques favorables et au crédit  sans intérêts (Rfig) octroyé par la Badr ,plus de 16 000 hectares ont été plantés, ce qui laisse  prévoir une production de près de 4 000 000 de quintaux», précisera ce responsable. Il est à noter que cette culture qui se pratiquait uniquement sur les terres fertiles de la vallée du Cheliff, dans les plaines d'El Amra, El Abadia, Sidi Lakhdar, Arrib et El Khemis s'est répandue sur les coteaux grâce à un système d'irrigation développé, et ce, à travers les communes de Djendel, Aïn Soltane, Mekhatria, Bourached et Djelida.

Les producteurs de pomme de terre ne sont pas aussi optimistes que les cadres de la direction des services agricoles tant que la semence de saison dépend à 90% de l'importation. Une situation qui fixe le prix du tubercule entre 70 et 82 Da le kilogramme. «Un hectare planté revient entre 50 et 60 millions de centimes» signalera M. Fetah Mohamed, un producteur d'El Abadia qui, malgré les pertes subies lors de la chute des prix de la pomme de terre de consommation, s'accroche à cette culture qu'il maîtrise à la perfection.

Ce dernier précisera qu'un hectare planté nécessite des travaux de sol qui se chiffrent à 20 000 DA, une main- d'œuvre pour l'irrigation qui coûtera 20 000 DA, 35 quintaux de semence à raison de 80 DA le kilogramme, 15 quintaux d'engrais à 6 400 DA le quintal puisque acquis auprès des revendeurs privés, 20 000 DA pour les  produits phytosanitaires, 25 000 DA pour l'eau d'irrigation, 40 000 DA pour le matériel de labours, plantation et irrigation et enfin 20 000 DA pour la main-d'œuvre de récolte. «Le fellah ne comptabilise pas ses va-et-vient, les frais de déplacement de ses camions et les repas qu'il sert à ses ouvriers», ajoutera M. Bouabdellah, un fellah de Mekhatria.

Les producteurs de pomme de terre se lavent les mains quant à la cherté du tubercule sur le marché. «A ce jour, notre produit ne dépasse pas les 37 DA le kilogramme au niveau des marchés de gros de Chlef, Hattatba ou Boufarik, alors qu'il est cédé entre 32 et 35 DA le kg au niveau des chambres froides. Ces prix n'ont augmenté qu'en cette période de transition qui prendra fin dans une quinzaine de jours avec l'arrivage sur le marché de la pomme de terre de Mostaganem», affirmera un gros producteur d'El Amra.

Les producteurs de pomme de terre ont effectivement contribué à maintenir les prix de ce tubercule à des prix raisonnables durant les 6 derniers mois en participant au programme Syrpalac (Système de régulation des produits de large consommation) en stockant  sous froid 26 000 tonnes mises graduellement sur le marché dès la mi-septembre. Le déstockage a démontré que le produit est de bonne qualité et que l'opération a atteint largement son double objectif de protection du pouvoir d'achat du consommateur et de protection du revenu du producteur.

Les  fellahs de Aïn Defla  souhaitent que la tutelle encourage les producteurs de semence afin de les libérer du diktat des importateurs, principal facteur de hausse des prix à la consommation.
Il ajoutera par ailleurs que les professionnels de cette wilaya ont exporté leur savoir-faire à l'est, à l'ouest, au centre et même au sud du pays, entre autres à Tiaret, El Oued, Biskra et Ghardaïa.

Abdou K.

 
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EDITION DU JEUDI 09 SEPTEMBRE - 2010

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