LE JOURNAL

Ramadhan dans le monde

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13-11-2009
Les Verts à la recherche de la marque des grands

Il faut bien passer par là. Dans un mail paru sur le site de la Fédération internationale de football, un internaute, probablement un Algérien, a fait cette remarque pertinente : «Si les Verts perdent par plus de deux buts d'écart en Egypte, c'est qu'ils ne méritent pas d'aller en Coupe du monde.» Bien vu l'ami car la gloire ne sourit qu'aux audacieux.

L'histoire retiendra, en tout cas, que la date du 14 novembre 2009 est de celles qui ont mis en émoi deux peuples, celui d'Algérie et celui d'Egypte.

Pour le premier pays, l'habitude voulait que les manifestations de joie se produisent après une qualification ou une victoire. Pour ce match contre l'équipe des Pharaons, l'engouement s'est matérialisé bien avant le rendez-vous de ce 14 novembre et cela fait des jours qu'Algériennes et Algériens se sont mis au Vert et Rouge, comme pour devancer l'évènement. Espérons que cette mise en scène ne soit par ternie ce soir par un résultat défavorable aux Verts.

Une équipe qui revient de loin
Les Verts ont bien mérité l’hommage du pays pour tout ce qu'ils ont accompli jusqu'ici. Ceci pour dire qu'en cas de mauvais résultat de l'équipe d'Algérie dans le match d'aujourd'hui, il conviendra d'éviter toute remarque désobligeante envers les joueurs, le staff technique ou la Fédération algérienne de football.

Car l'objectivité invite tout un chacun à lancer un regard en arrière et à voir d'où est venue cette équipe. Un peu d'histoire si vous le voulez bien. Janvier 2004. L'équipe d'Algérie, sous la conduite de Rabah Saâdane comme entraîneur, prend part à la phase finale de la CAN en Tunisie. Elle se qualifie aux quarts de finale de la compétition après avoir tenu en échec le Cameroun et ses vedettes et battu… l'Egypte sur le score de 2 buts à 1. En quart de finale, elle se fait éliminer par le Maroc, après prolongations (1-3).

Elle laisse, malgré tout, une bonne impression. On pense, alors, qu'elle est sur la voie du redressement.  Mais Saâdane part et l'équipe est confiée à divers entraîneurs étrangers et Algériens (Waseige, Fergani, Ighil et Biskri, Cavalli) qui ne la qualifieront ni à la CAN de 2006 ni à celle de 2008, encore moins à la Coupe du monde de 2006.

Passe pour la seconde compétition mais rater celle d'Afrique paraissait humiliant d'autant que certains résultats plaidaient pour un naufrage de cette équipe (défaite 3-0 à Annaba face au modeste Gabon et défaite 5-2 à Oran face au Nigeria). C'est d'une équipe pareille (une équipe qui avait eu «l'audace» de rater une nouvelle fois la CAN en 2008 en se faisant battre au stade du 5 juillet par la Guinée) dont Rabah Saâdane a hérité en septembre 2009.

Il n'était, donc, pas question pour lui de promettre une qualification à la Coupe du monde de 2010. C'est tout juste s'il avait parlé de la possibilité d'aller à la phase finale de la CAN. Du reste, c'était là l'objectif que lui avait fixé la FAF qui savait que la Coupe du monde était un challenge bien trop élevé pour les capacités de cette équipe nationale.

Une FAF dont l'actuel président, Mohamed Raouraoua avait, depuis longtemps, compris que la seule issue pour monter une équipe performante était de sélectionner un maximum de joueurs émigrés. Et Rabah Saâdane l'a suivi dans cette voie avec la réussite que l'on connaît.

La pression est sur l'Egypte
Il faut remarquer que la grande majorité des joueurs de l'actuelle équipe nationale est issue de l'équipe battue par les Guinéens en juin 2007 au stade du 5 juillet. L'humiliation de ce jour-là a fait que ces joueurs avaient soif de revanche lorsqu'ils ont entamé les qualifications jumelées de la Coupe du monde et de la CAN 2010.

Ils ont donc fourni des prestations et surtout des efforts qu'on ne leur connaissait pas, au point de se présenter aujourd'hui en favoris pour la qualification à la Coupe du monde face au double champion d'Afrique qu'est l'Egypte. Ceci après avoir assuré, depuis un bon bout de temps, leur qualification à la phase finale de la CAN de 2010, leur objectif au début de l'aventure.

Tout ou presque a été dit sur le match d'aujourd'hui, notamment qu'il se présente comme une finale pour les deux équipes. Ce n'est pas tellement exact. Une finale c'est une rencontre où les deux protagonistes partent à égalité de chances, sur un score de parité, 0 à 0.

Dans le match d'aujourd'hui, il est tout à fait évident que les Verts auront une longueur d'avance sur leurs adversaires au moment du coup d'envoi. Disons que nous sommes dans la configuration d'un système qualificatif sur deux matches en aller et retour où le but inscrit à l'extérieur ne vaut pas le double en cas d'égalité parfaite au score. L'équipe d'Algérie mène 2-0 (ou 3-1, 4-2, 5-3, etc…

c'est comme vous voulez) et devra faire en sorte de ne pas perdre par plus de deux buts d'écart pour assurer sa qualification. En somme, si pression il y aura, elle sera, c'est sûr, dans les deux camps, mais elle sera nettement plus forte dans celui des Egyptiens, obligés de gagner par au moins deux buts d'écart pour obtenir le droit de jouer un match d'appui.

Cela nous change du scénario de novembre 1989 où les Egyptiens, face au même adversaire, devaient simplement gagner, sur n'importe quel score, pour se qualifier à la phase finale de la Coupe du monde de 1990.

C'est dire que les Pharaons vont devoir courir derrière une égalisation tout en prenant garde de ne pas prendre de buts car cela ne ferait que corser leur mission. Les Egyptiens, champions d'Afrique en 2006 et en 2008, sont en ballottage défavorable pour la qualification au Mondial de 2010. C'est un fait admis par tous, même par leurs plus farouches supporters. Aux Algériens de démontrer qu'ils méritent bien d'aller en Afrique du sud l'été prochain et d'éviter le score dont parlait notre internaute cité plus haut.

Ahmed Achour

 
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