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Le mouton plus cher, la mercuriale flambe et des grèves pointent à l'horizon Retour sur terre après l’ivresse d’El Merrikh
La vie reprend son cours normal après des journées entières d'euphorie provoquée par la victoire de l'équipe nationale de football sur son homologue égyptienne, mercredi à Khartoum.
Le long week-end que s'est accordée la majorité des Algériens tire à sa fin et les citoyens commencent à vaquer normalement à leurs occupations, occultées un temps par les parties de football qui se sont jouées au Caire et Oum Dormane. Hier, deuxième jour du désormais week-end officiel, les rues d'Alger se sont animées assez tôt et la plupart des commerces étaient ouverts au public, à l'exception de quelques administrations et entreprises ayant choisi de ne pas travailler le samedi. Certes, les signes ostentatoires du match historique en terre soudanaise sont encore apparents, plusieurs drapeaux continuant d'orner les édifices, les maisons et les devantures de magasins. Les fanions et les posters qui enjolivaient les véhicules n'ont pas non plus été remisés au placard. Toutefois, les automobilistes ont cessé leurs turbulentes tournées à travers les rues de la ville, les sonos se sont tues et le calme est revenu, au grand bonheur des policiers qui se remettent eux aussi des folles journées ayant suivi le match. La fièvre est tombée et ce ne sera certainement pas les propos racistes des présentateurs TV égyptiens qui perturberont la placidité des Algériens. Les citoyens se sont remis de leurs émotions, la plupart ont fini de cuver l'ivresse de la victoire et tous, maintenant, commencent à se préoccuper sérieusement de la vie de tous les jours.
L'école… et la vie Sur le front social, la récréation aura été finalement de courte durée. Les syndicats qui ne comptent pas mettre un terme à leurs mouvements de protestation ont repris hier les consultations pour étudier les suites à réserver aux actions déjà engagées. Avant l'entame de la semaine, l'Intersyndicale de l'éducation s'est prononcée pour une troisième semaine de grève à l'effet d'obtenir satisfaction sur les principaux points contenus dans la plateforme des revendications. Essentiellement, les syndicats comptent arracher «quelque chose de concret» et non de vagues promesses de la tutelle, notamment la rétroactivité de quelques primes et indemnités, la participation des syndicats autres que l'UGTA à la gestion des œuvres sociales et la généralisation de la médecine du travail. Fait nouveau à signaler, l'Intersyndicale entend défendre la cause des contractuels qui posent le problème de leur intégration dans la famille de l'éducation. La réaction du ministère de l'Education ne s'est pas fait attendre et, hier, au moment même où se tenait la réunion de l'Intersyndicale, M. Benbouzid avait assuré les enseignants de sa disponibilité à être à leur écoute, appelant à la reprise des cours dès demain et au rattrapage, dans les meilleurs délais, de tous les cours perdus. Les milieux hospitaliers risquent, à leur tour, de connaître une paralysie suite à la décision des syndicats de poursuivre, dès demain, la grève hebdomadaire de 3 jours. Décidée l'année dernière, cette forme d'action se veut une dénonciation de l'actuel régime indemnitaire et une manière de faire aboutir une revendication essentielle : les statuts particuliers pour chaque corps de métier. Récurrentes, ces grèves avaient perturbé, il n'y a pas longtemps, l'activité hospitalière et hospitalo-universitaire, provoquant du coup un profond malaise dans le secteur de la santé. L'agitation sur le front social reprend en intensité à l'approche de la tripartite, une rencontre qui regroupera le gouvernement, le patronat et l'Union générale des travailleurs algériens, pour statuer sur un ensemble de questions sociales, dont les salaires. Des indiscrétions avaient fait état d'un probable relèvement du SNMG de 12 000 DA à 15 000 DA, selon des représentants de l'UGTA. Une augmentation jugée «acceptable» et par le travailleur et par les chefs d'entreprise. Mais pour les syndicats autonomes, exclus de facto des négociations, un salaire de 38 300 DA serait à peine suffisant pour faire vivre «correctement» une famille de 6 personnes.
Le mouton encore plus cher Occulté un moment par le sport roi, l'Aïd El Adha, qui sera probablement célébré cette année le 27 novembre, commence à faire jaser dans les chaumières. Les familles s'inquiètent du prix élevé du mouton, le plus léger des broutards valant les 25 000 DA. Les chevillards qui ont pris leurs quartiers dans les environs d'Alger, voire à l'intérieur des cités populeuses, dans des enclos spécialement loués pour l'activité, ne semblent pas disposés à faire des concessions. L'année a été pluvieuse et l'herbe grasse dans les parcours steppiques, deux indicateurs naturels qui expliquent la flambée des prix du bétail. Mais cher ou abordable, les familles ne vont pas faillir à la tradition, la plupart ayant déjà prévu un budget pour cette dépense devenue incompressible. Au même titre que les vêtements et les habits neufs qu'il faut par obligation rituelle acheter pour les petits. Une dépense supplémentaire qui grève des budgets souvent squelettiques et alourdit le quotidien déjà difficile de plusieurs catégories sociales, notamment les citoyens à faibles revenus. Par Ali Laïb |