LE JOURNAL
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29-11-2009

Biskra

La famille de Rachida réfute la thèse d'un décès des suites du virus H1N1

ImageLe décès d'une dame de la famille Lebar, habitant le patelin de Drouaa, situé à une quinzaine de kilomètres au nord-est du chef-lieu de la wilaya de Biskra, des suites de la grippe A, selon le communiqué officiel rendu public par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, fait l'actualité de toute la région.

Nous avons sollicité l'avis de la famille de la défunte et d’éminents professionnels de la santé dont le docteur Maghrbi qui jouit d'une notoriété qui dépasse les frontières de Biskra.

«Le décès de cette femme a créé la panique surtout quand on sait que l'on est au mois de novembre, période où le virus de la grippe saisonnière refuse de faire trêve.» Au fil de la discussion, notre interlocuteur n'a pas manqué de se montrer, en tant que médecin de longue date, accusateur de certains centres de santé de négligence envers le patient désireux d'être vacciné.

Selon lui, «ils leur exigent un certificat médical pour bénéficier d'une vaccination contre la grippe saisonnière. Normalement quand quelqu'un se présente à une structure sanitaire pour se protéger contre la grippe, on ne doit rien lui demander», nous dit-il, avant de continuer :

«J'ai personnellement reçu des malades qui m'ont témoigné que certains centres leur ont demandé de revenir munis d'une attestation médicale délivrée par un médecin. Tout cela pour être vacciné ? C'est bizarre», a-t-il lancé. S'agissant de la polémique autour de ce cas de décès, la même personne rallie sa voix à celles de la famille de la défunte et de nombreuses personnes de Drouaa, toujours sous le choc. «On ne sait pas encore si elle est victime du virus H1N1.

Jusqu'à l'heure actuelle, rien n'est officiel.» Il y a lieu de dire que la majorité des gens que nous avons rencontrés à cet effet accordent leurs violons quant à un décès des plus normaux. Les premières réactions viennent de l'entourage le plus proche de la victime, ses enfants en l'occurrence, lesquels ne présentent aucun signe de la maladie présumée être à l'origine de sa mort. A l'unanimité, ils nous disent : «La grippe porcine, on ne la connaît pas, on en entend parler à la télé...

D'ailleurs, si elle en était victime, comment se fait-il que personne de notre famille ne soit contaminé ?» Raisonnement des plus logiques, surtout quand on sait que le virus H1N1 ne met pas trop de temps pour être transmis d'une personne atteinte à une autre saine et par des voies des plus simples, à savoir le toucher, la respiration, l'usage des mêmes objets… «Les premières interrogations à soulever sont les suivantes : d'où et comment la défunte a-t-elle contracté cette maladie énigmatique ?

Sachant que les facteurs de la transmission ne sont pas réunis dans le cas de cette dame pour favoriser une éventuelle contamination humaine, Drouaa est un petit patelin où les habitants vivent de l'agriculture et de l'élevage du bétail. Les femmes de la région ne sortent de chez elles que pour les besoins extrêmes. Donc la thèse favorisant un décès lié à la contraction du virus responsable de cette pandémie est moins plausible», tient à nous préciser un groupe de citoyens rencontrés dans un café, avant d'ajouter :

«Cela remet en cause les facteurs de la propagation du virus. Un décès des suites de la grippe porcine à Drouaa c'est quelque peu ahurissant. On pourrait à la rigueur accepter la raison avancée d'un tel décès si le cas était survenu dans une région où la mobilité des personnes est dense. Faut-il dire dans ce contexte que le rôle de la femme dans la localité de Drouaa et dans bien d'autres est le même.

Exceptées les rares femmes travailleuses, qui se comptent sur les doigts d’une seule main, le reste c'est des femmes au foyer livrées aux tâches ménagères qui ne peuvent sortir de chez elle qu'avec autorisation de l'homme.»

L'explication de notre interlocuteur mène sérieusement à se poser moult questions sur la cause principale du décès de cette maman et pousse à affirmer que la pandémie se propage un peu partout sans différencier entre les catégories d'âge, de sexe ou de milieu social. Preuve à l'appui, une quadragénaire, d'autres parlent de quinquagénaire, originaire d'une petite localité où la femme est encore réduite à sa mission première, une jeune de 27 ans à la fleur de l'âge qui éventuellement mènerait une vie assez différente de la première et enfin un nouveau-né qui n'a pas encore rempli ses poumons d'air pur.

Aucune mesure prise pour les médecins
Désormais, la pandémie se propage à tel point que l'on commence à compter nos morts, d'où la question de la mise en place de dispositifs de protection ressurgit une fois encore. Doit-on continuer à se contenter de tousser ou éternuer loin des nôtres et se laver les mains avec des produits savonneux, ou encore multiplier les efforts, puisque tout le monde est impliqué, et procéder ainsi, aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain, à l'instauration de mesures de protection ad hoc avant qu'il ne soit tard ?

De répondre, le docteur Maghrbi précise : «En dehors des règles traditionnelles visant la protection du corps médical exerçant essentiellement au niveau des structures hospitalières, rien n'est fait jusqu'à présent… Nous sommes les premiers intéressés, nous les médecins, on n'a rien reçu, absolument rien.

Je ne comprends vraiment pas le pourquoi du silence observé par les uns et les autres concernant une large et efficace campagne de sensibilisation au profit de la population dont une partie importante ignore ce que c'est la grippe porcine. Nous sommes arrivés à un stade où il faut que chacun assume ses responsabilités.

Qu'attendons-nous pour vacciner les gens ? La panique commence déjà à s'installer. Fini le temps où nous étions limités à signaler des cas de contamination, la grippe commence à tuer maintenant. L'on se trompe si l'on croit que coller une affichette sur un mur est de la campagne de sensibilisation. En termes de protection toujours, un prélèvement sanguin est pratiqué aujourd'hui sur le corps médical et paramédical travaillant au service de réanimation de l'hôpital où la défunte a rendu l'âme.

Par Karim Bahamma

 
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