Le Temps souffle sa première bougie Une année
lLe Temps fait sa première halte symbolique aujourd'hui. Faut-il encore s'attarder sur l'insignifiance d'une année dans le parcours d'un journal, naturellement appelé à s'inscrire dans la durée ?
Peut-être que oui, s'il s'agissait de s'expliquer sur la difficulté, à moins que ce ne soit l'incapacité à prendre un envol pas toujours évident dans les entreprises de ce type. Mais les promoteurs du Temps d'Algérie n'ont pas choisi de pleurer sur leur sort. Et pour cause, ils ont mis leurs fonds propres pour que le projet dispose de moyens à la mesure de son ambition. Tout aussi naturellement, ils sont tenus par l'obligation de résultats. Serait-ce manquer de modestie que de dire qu'ils ne sont déjà pas si mal ? Sûrement pas. Pour une entreprise dont l'humilité tient lieu de philosophie managériale, un regard lucide et apaisé sur ces douze mois d'existence permet plutôt de constater que de belles choses ont été réalisées. Le Temps s'installe sereinement dans un créneau qui a trop vite décrété la saturation et l'impossible compétition grâce d'abord à son choix éditorial. En faisant de l'information son unique credo, en investissant humainement dans une équipe qui allie la vivacité des jeunes à l'expérience des anciens et en intégrant le tout dans un projet ambitieux, l'entreprise a donné ses assises à ce qui sera demain le groupe de presse dans sa conception la plus moderne. Et il n'y a pas mieux comme esquisse que ce qui sert de premier socle à un projet d'une telle dimension. Il est des choses parfois injustement reléguées au rang de «détail» qui indiquent la solidité d'un projet. Le quotidien que ses lecteurs tiennent aujourd'hui entre leurs mains offre depuis déjà des mois quarante et parfois quarante-huit pages d'informations dépoussiérées des états d'âme, de règlements de comptes politiques, de faux scoops et d'approximations spéculatives. Une performance, dans l'histoire de la presse indépendante algérienne. Là encore, ce n'est pas manquer d'humilité que de dire que Le Temps donne de la lecture, surtout que l'espace publicitaire, qu'il n'a pourtant pas l'intention de négliger comme source de financement, est pour le moment relativement modeste, proportionnellement au volume du journal. C'est sans doute cette sérénité éditoriale, doublée d'une certaine rigueur professionnelle qui vaut au Temps d'Algérie les premières marques de confiance exprimées par des voix qui n'ont aucune raison de lui faire des cadeaux, et qui n'ont pas la réputation d'en faire de toute façon. Sans sa crédibilité, Le Temps n'aurait jamais été relayé par des canaux qui se laissent rarement intoxiqués. Il y va de leur sérieux et pour tout dire, de leur performance. Régulièrement repris par de grandes agences de presse comme l'AFP et un grand journal sportif comme L'Equipe, Le Temps d'Algérie et l'hebdomadaire Sports du même groupe tiennent déjà leurs premiers motifs de satisfaction. En termes de sérieux et de souci de performance, les deux publications ont, pour reprendre une formule consacrée, de qui tenir. Initié par un capitaine d'industrie pionnier dans sa vocation principale, le groupe Média Temps Nouveaux tient sa chance dans un investissement sérieux et désintéressé. Et ce qui ne gâte rien, il hérite d'une culture d'entreprise de haut niveau. Fleuron du BTHP algérien, l'ETRHB a atteint un niveau de savoir-faire, de maîtrise technologique et de performance de gestion digne des plus grands en la matière. L'utilité sociale de ses investissements, la qualité de ses réalisations, sa compétitivité et l'ampleur de ses projets d'élargissement l'ont définitivement consacrée comme exemple de réussite. Le Temps d'Algérie procède de la même dynamique, avec bien évidemment les spécificités d'un journal. En soufflant aujourd'hui sa première bougie, il s'est imposé un regard sur son jeune parcours. Et le résultat est plutôt motivant : l'entreprise ne manque pas d'avenir. Slimane Laouari |