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Les femmes et le monde carcéral Une mort lente malgré...
«El habs lerdjal», comme dit le dicton (la prison, c'est pour les hommes), et quand il s'agit de femmes, la société leur porte un autre regard car, «socialement», ces femmes sont «mortes», et ce, quelles que soient les causes de leur détention.
Lorsqu'une femme arrive en prison, elle a le plus souvent le sentiment de honte et de la culpabilité liée à la détention. Son corps devient le premier lieu d'expression de la plainte : elle tombe malade et connaît des troubles alimentaires ou digestifs. En Algérie, La population carcérale féminine représente ente 1,46 et 2% du nombre des prisonniers à travers tout le territoire national. Le taux de criminalité chez les femmes est encore bas en Algérie, comparativement à celui des hommes, et la plupart de ces femmes sont condamnées pour des délits liés aux mœurs. Le code de procédure pénale ne prévoit pas de régime de détention spécifique pour les femmes, à l'exception des articles sur la présence des enfants de moins de 18 mois auprès de leur mère incarcérée. Les femmes détenues se voient appliquer la même réglementation que les hommes. Elles arrivent la plupart du temps déjà brisées par des années, quand ce n'est pas une vie entière, d'abus physiques, moraux et sexuels exercés sur elles. Mais avec le temps, elles s'adaptent à leur nouvelle vie, non pas parce qu'elles sont fortes de caractère, mais c'est juste une question de survie. Heureusement que les choses ont changé considérablement en matière de conditions de détention. Ces dernières se sont nettement améliorées. «L'humanisation des prisons» n'est plus un slogan vide mais beaucoup d'efforts ont été consentis dans ce sens. Mais malgré les nouvelles conditions, les détenues trouvent beaucoup de difficultés à s'adapter. Elles doivent trouver des repères dans leur nouvelle vie. Par ailleurs, le problème de surcharge ne se pose pas pour les femmes. Elles ne dépassent pas en général la dizaine dans une cellule. Chacune a son coin qu'elle aménage à son goût et selon sa personnalité. Photos d'enfants collées sur le mur à côté, une glace, des cartes postales de fleurs et beaucoup de couleurs ; c'est en général le petit monde de la prisonnière qu'elle entretient parfaitement une fois son travail terminé. En effet, chacune doit choisir un programme qui lui convient. Fini le temps où le travail qu'on leur proposait se limitait à les maintenir dans des stéréotypes d'autrefois : le linge, la couture, le cartonnage. Les activités, cours, formations y sont nombreux, et des programmes pédagogiques d'aide aux femmes détenues semblent attester un réel souci de réinsertion. La stratégie de réadaptation initiée par l'administration pénitentiaire consiste à aider les femmes emprisonnées et à les encourager à poursuivre des études sinon à suivre une formation professionnelle. Les diplômes remis en fin de parcours ou à leur sortie ne portent pas la notion de prison. Le taux d'inscription pour poursuivre des études à travers les différentes prisons est en nette augmentation depuis 2005. Le taux de réussite est également élevé. Et dans ce nouveau monde la question qui tourmente le plus ces femmes, c'est leur devenir car la réinsertion n'est pas facile et celles ayant des démêlés avec la justice se trouvent confrontées à de sérieux défis lorsqu'elles souhaitent réintégrer la société. Par Ilhem T. |