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21-09-2013
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La Kabylie et ses montagnes… de canettes

Si ce n’est pas tout le monde qui «en parle», beaucoup de gens se sentent obligés d’en parler. Les bouteilles et les canettes de bière qui jonchent les bordures de routes et d’autres espaces de Kabylie est depuis longtemps un «sujet». A tout seigneur tout honneur, il y a ceux qui en parlent avec une délectation difficile à cacher. Ceux-là, sont ceux qui ne gâchent jamais leur plaisir. Alors ils ne s’en privent pas : accabler les habitants d’une région qui hante leurs nuits parce qu’elle serait le plus sérieux obstacle à leur rêve de normalisation qui ferait de l’Algérie un pays entièrement résigné à un mode de vie fermé et archaïque. Pour eux, l’alcool, au-delà de ses nuisances sociales et physiques, est d’abord un facteur de modernité qu’il faut combattre plus violemment dans ce qu’il charrie comme liberté, comme opportunité de rencontres détendues et ouvertes.

Ils s’attaquent donc à la «déchéance» physique et morale que le vin implique, mais visent au fond ce qu’il peut susciter comme joie de vivre, comme espace de convivialité et comme liberté d’être. Tout ça, la Kabylie en est l’incarnation mais ils n’en parlent pas ainsi, ils en donnent seulement les (évidents) signes extérieurs, comme autant de preuves de déchéance.

Il y a ensuite ceux qui, de l’intérieur, de la périphérie ou de loin, s’accrochent au mythe d’une Kabylie ouverte et acquise à la modernité, dont la… consommation d’alcool serait une preuve irréfutable. Une confortable certitude tous les jours démontée par la réalité mais les mythes sont ainsi. Le péril de la «normalisation» pèse toujours, des pans entiers de la société sont quotidiennement happés par l’obscurantisme rampant et la déculturation mais tant que la bière coule à flots, on s’y accroche. Le reste, pour cette catégorie, est une histoire d’hygiène et de respect de l’environnement.

Comme il faut bien mettre un petit bémol de leur certitude, ils évoquent alors une histoire… d’hygiène et de respect de l’environnement qui seraient mis à rude épreuve par l’incivisme de quelques brebis galeuses sans respect pour leur espace vital.

«J’aime la Kabylie, je dois la laisser propre», tel est le slogan en légende d’une photo publiée récemment sur un réseau social, représentant un amoncellement de canettes et de bouteilles jonchant le bas-côté d’un chemin de montagne. Mais s’agit-il seulement de «propreté» en l’occurrence ?  Certainement pas. D’autres en parlent et il y a un bout de vérité dans tout ce qu’ils disent. Il paraît que le Pouvoir veut bien qu’on vende du vin, à condition que cela se fasse dans les ghettos de marginaux.

 Et la Kabylie serait le plus vaste, le plus «libre» et le… moins cher ! Il ne faut surtout pas qu’il fasse partie des choses «normales» de la vie des Algériens. Il ne faut surtout pas qu’il intègre la Cité. Récemment à Aïn Benian, on a fermé les deux uniques magasins qui vendent du vin au centre-ville. Le message était on ne peut plus clair : l’alcool, c’est à la Madrague, pour les marginaux qu’il faut regrouper, pour les avoir à l’œil. Loin des yeux de la société saine, à prémunir de la débauche !

 Où en… Kabylie. Là où boire est une deuxième nature. Il paraît qu’ailleurs, on investit, on crée de la richesse et de l’emploi au même rythme que se multiplient les tripots à Tizi et à Bougie. Ce n’est pas évident mais pourquoi pas. La Kabylie croule sous les
«cadavres» – c’est ainsi que les initiés désignent les bouteilles vidées – et les problèmes. Ça, c’est une réalité. Les explications peuvent différer. Selon le bout par lequel on prend la bouteille.

laouarisliman@gmail.com
 
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