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Mouloud Kheloufi, président de l'AGEA : «La pénurie de ciment peut hypothéquer le prochain programme quinquennal»
Des producteurs étrangers exportent du ciment d'Algérie au moment où l'Etat importe à travers les entreprises publiques. Qu'avez-vous à dire au sujet de l'exportation de ce produit par les étrangers ? Nous ne sommes pas contre l'exportation du ciment.
Les producteurs nationaux ou les entreprises étrangères de droit algérien sont tout à fait libres d'exporter leurs produits. C'est la raison même d'existence de n'importe quelle entreprise. Exporter son produit vers l'étranger n'est pas chose aisée. Mais pour ce qui est du ciment et plus particulièrement ces dernières années, nous sommes effectivement sidérés de voir que les autorités importent ce produit pour faire face à " une pénurie fabriquée de toute pièce " et de l'autre le ciment fabriqué dans notre pays est vendu vers d'autres pays. Il y'a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond. Nous avons déjà, à mainte reprise dénoncé cette situation, cette pénurie qui intervient d'une manière cyclique alors que réellement elle ne devrait pas exister. Nous sommes convaincus au sein de notre organisation qu'il existe des barons qui tirent les ficelles pour faire en sorte que le ciment manque toujours sur le marché. Encore une fois nous répétons que la solution réside dans l'installation de mécanismes performants depuis les cimenteries jusque dans les chantiers. Il n'est plus tolérable aujourd'hui de payer un sac de ciment à 970 DA alors que sa valeur ne dépasse pas les 290 DA au niveau des usines. Quelles sont les conséquences sur le marché algérien et l'économie du pays? Le ciment est un produit incontournable dans la construction. Aucun projet ne peut voir le jour en l'absence de ce produit. La hausse du prix du ciment ou simplement sa non-disponibilité se répercute inéluctablement sur le fonctionnement des chantiers et du coup l'économie et le secteur en seront lourdement affectés. Les pouvoirs publics sont appelés donner un grand coup dans la fourmilièr pour ne pas hypothéquer le prochain programme quinquennal. D'autres produits de construction connaissent aussi une flambée des prix sur le marché national. Que se passe-t-il réellement ? Quelle est votre analyse de la situation d'autant que le secteur du BTPH connait une instabilité qui affecte les projets de construction ? Effectivement d'autres produits sont également concernés par le problème mais il reste que c'est le ciment qui constitue un casse-tête chinois pour l'entreprise. Ceci dit, en ce qui concerne le fer, le sable, la brique rouge et surtout le bois importé à 100% par notre pays, le problème est différent. Cela relève plus de l'offre et de la demande et les prix sont fixés en fonction du marché international. Propos recueillis par Fella Midjek |