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28-04-2012

Abou Zeid confirme sa présence dans la région

Le FNLA chassé de Tombouctou par Aqmi

Entré triomphalement à Tombouctou, ville du nord du Mali, vendredi matin, le Front national de libération de l'Azawad (FNLA) créé le 8 avril dernier, a vite fait de quitter la ville, laissant derrière lui des énigmes loin d'être expliquées.

Sans donner trop de détails, Ahmed Ould Chérif, l'un des responsables du FNLA, organisation qui dit pourtant compter 500 combattants dans ses rangs, c'est Abou Zéid, un des «émirs» d'Aqmi lui-même, qui aurait ordonné un retrait des troupes du FNLA de la ville. Le retrait est d'autant incompréhensible qu’on sait que selon des médias, les combattants du FNLA armés sont entrés à Tombouctou «à bord d'environ 100 véhicules». Le représentant de ce groupe armé aurait justifié le retrait de la ville par le motif d'éviter «un carnage dont les premières victimes seront les populations civiles».

«Les combattants du FNLA ont quitté la ville de Tombouctou vendredi soir. C'est Aqmi qui a demandé leur départ», a confirmé à l'AFP une source sécuritaire malienne.  Vendredi matin, le FNLA, qui avait pris la veille le contrôle des entrées est et sud de Tombouctou, avait pénétré jusqu'au centre-ville, contrôlé depuis le 1er avril par le groupe islamiste armé Ansar Eddine.

Un membre du MNLA, Ahmed Ould Mamoud, avait déclaré que les combattants du FNLA venaient «défendre et protéger» la région «de Tombouctou à Taoudenit», plus au nord, rappelle-t-on.  Le FNLA avait déclaré n'être ni sécessionniste ni islamiste, contrairement aux deux autres groupes armés qui occupent Tombouctou, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg indépendantiste) et surtout Ansar Eddine, dirigé par Iyad Ag Ghaly.

Il s'agirait d'un énième recul face aux organisations terroristes que sont l'AQMI, Ansar Eddine et le Mujao, sévissant au nord du Mali. Le mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) dénonce les trois organisations sans pour autant agir sur terrain pour les chasser de Gao, Tombouctou et Kidal, où elles se sont installées par la force.

Le ministre algérien de l'intérieur, Daho Ould Kablia avait, rappelle-t-on, déclaré récemment que «la passivité du nord du Mali face aux terroristes est une source d'inquiétude pour l'Algérie». En chassant le FNLA de Tombouctou, Abdelhamid Abou Zeid, «émir» de l'Aqmi pour le grand-sud, confirme donc sa présence dans le nord du Mali. Abdelhamid Abou Zeid est, rappelle-t-on,

à la tête de katibat Tarek Ibn Ziad, créée et dirigée précédemment par Amari Saifi, alias Abderrezak El Para, ancien «émir» de la zone 5 du GSPC (devenu Aqmi). El Para, proche de Hassan Hattab, et Abdelhamid Abou Zeid, proche de Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, actuel «émir» national de l'Aqmi, seraient ennemis mortels. Le différend est lié au «trésor de guerre» que la katiba récolte par l'encaissement de rançons et la contrebande.

M. A.

 
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