LE JOURNAL
 
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02-05-2012
Célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse
Par défaut de solidarité, l’événement passe inaperçu

Quelle signification peut-on accorder en 2012 à la date du 3 mai correspondant à la célébration de la Journée internationale de la presse par la corporation des journalistes algériens ? L'événement, hélas, passe inaperçu du côté même des premiers concernés.  

Lointaine semble l'époque où une foule compacte de femmes et d'hommes de plume se donnaient rendez-vous à la maison de la presse Tahar-Djaout pour célébrer cette date. Belle époque était ce temps où des dizaines de confrères s'agglutinaient au même endroit, tous fiers d'exercer l'une des plus nobles professions, et débordant de l'énergie qu'ils venaient exprimer à l'unisson  en  termes de dénonciation de l'épée de Damoclès qui  pesait et qui pèse toujours sur leurs têtes.

Harcèlement judiciaire, difficultés d'accès aux sources, licenciements abusifs, situations sociales précaires sont là quelques- unes des doléances qui, au nom de la solidarité entre confères, étaient exprimées à haute voix, non seulement par des journalistes, mais aussi par des directeurs de publication (DP)  écoutés avec respect lors de leur prise de parole.

Autres temps, autres mœurs, cette ambiance qui, il n'y a pas longtemps, faisait de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse un moment mémorable semble ne plus avoir droit de cité,
déplore-t-on. «J'ai l'impression qu'il n'y a plus cette solidarité d'avant», regrette Outoudert Abrous, directeur du quotidien Liberté, contacté hier par nos soins.

Non seulement ce constat concerne à son avis les journalistes des différents organes de presse, mais il s'étend aussi aux directeurs de publication au sujet desquels notre interlocuteur dira qu'ils adoptent beaucoup plus un profil «de gérants d'entreprises économiques que de publication de presse».

L'INJD appelle à un rassemblement à Alger
Faire renaître la solidarité entre les femmes et les hommes des médias comme durant les années de  braise où la corporation de la presse s'était constituée en front uni pour faire face à l'hydre intégriste est incontestablement  le défi de l'heure à relever.

C'est d'ailleurs l'un des objectifs du rassemblement prévu ce matin au niveau de la Place de la liberté de la presse, au centre d'Alger. Cette action organisée par le collectif «Initiative nationale pour la dignité des journalistes» (INDJ) est la seule et unique manifestation qui se tient en guise de célébration de cette journée. La commémoration de cet événement ne charrie pas de nombreuses activités dans son sillage.

Pourtant, les médias algériens ont connu tout récemment quelques événements d'importance majeure qui méritent d'être évoqués en cette journée du 3 mai. Il est question, entre autres, de l'adoption de la nouvelle loi organique sur l'information initiée dans le cadre des réformes politiques engagées par le Président Bouteflika, mais dont l'application  semble ajournée au lendemain des élections législatives.

Il s'agit aussi de l'accord paraphé récemment et portant sur la révision à la hausse des salaires des journalistes de la presse publique.

Ceci, indique-t-on, du fait que la nouvelle loi prévoit notamment la création de nouvelles structures, dont une autorité de régulation qui sera composée entre autres du président de la nouvelle APN et du Sénat.

La nouvelle loi consacre aussi l'ouverture de l'audiovisuel. En ce sens, des professionnels intéressés par ce créneau se sont lancés dans la création de nouvelles chaînes de télévision qui sont déjà opérationnelles et bien connues, pour certaines d'entre elles, par de nombreux Algériens.

Pour ce qui est du relèvement des salaires des journalistes des médias publics, l'interrogation demeure entière quant à savoir si cette décision aura un effet de suivi sur les salariés du secteur privé. Le directeur du  quotidien Liberté  a, en ce sens, apporté un semblant de réponse : «Il n'y aura pas d'effet de suivi pour la simple et  bonne raison  que la presse privée vit de la publicité», a-t-il expliqué.                          

  K. A.

 
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