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23-05-2012

Ould Kablia, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales :

«Lorsqu’on ne reconnaît pas un Parlement, on démissionne»

Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, a déclaré, hier, dans un entretien à l'APS, à la veille de l'installation de la nouvelle Assemblée populaire nationale, que «lorsque l'on ne reconnaît pas un Parlement, on démissionne».

Répondant à une question relative à la conséquence du boycott de l'APN, décidé par près d'une vingtaine de partis politiques, le ministre a soutenu que ces partis devraient être logiques avec eux-mêmes et démissionner. Il a toutefois reconnu que la loi ne prévoit rien dans ce cas, soutenant que «le règlement intérieur de l'APN peut le faire pour prévenir  toute forme de dysfonctionnement».

Il réagissait ainsi à la création du  front du refus qui s'est constitué autour de Abdallah Djaballah du FJD et de Abdelmadjid Menasra, du FC, notamment. Ces partis ont convenu, à l'issue d'une réunion qui s'est déroulée lundi, du boycott de la nouvelle APN et de la création d'un «front politique pour la sauvegarde de la démocratie», à travers la formation d'un parlement populaire.

Ayant remporté 28 des 462 sièges à pourvoir, ces partis ont déclaré cette APN illégitime et décidé de ne pas reconnaître le gouvernement issu de cette Assemblée. Le ministre a estimé que la création d'un parlement parallèle «est plus qu'une  utopie», le qualifiant «d'atteinte grave à l'Etat de droit, à la pratique de la démocratie et au respect de la volonté populaire». Toutefois, modérant ses propos, le ministre a qualifié le boycott de l'APN de «décision prise hâtivement sous l'effet de la colère», estimant que «le retour progressif vers l'apaisement les ramènera à la raison et à la normalisation».

Une légitimité sortie des urnes
Par ailleurs, le ministre a souligné que la légitimité et la crédibilité de cette nouvelle APN étaient attestées parce que le peuple n'avait pas protesté «ni clamé qu'on lui a volé ou dénaturé son choix», après l'annonce des  résultats. Au sujet du mécontentement exprimé par des partis politiques, le ministre affirme «qu'il était prévisible que les partis qui criaient victoire avant le scrutin, de manière irréaliste,  aient été désappointés par le vote des électeurs car, ces derniers les ont jaugés à leur véritable poids.

Il est donc normal qu'ils crient à la fraude et au scandale». Ainsi, le manque d'ancrage territorial, politique et social de ces partis expliquerait leur défaite. S'agissant du grief avancé par ces partis relatif au report des  voix de ceux touchés par le pourcentage éliminatoire de 5% vers certains grands partis, en somme la règle de la proportionnelle, M. Ould Kablia a expliqué que «le pourcentage éliminatoire de 5% a été une décision des parlementaires de l'Alliance». Le ministre dédouane son gouvernement, ajoutant que «ce dernier avait proposé un pourcentage de 3% dans le projet soumis à l'Assemblée».

Il précise : «Il ne fait pas de doute qu'avec ce dernier taux de 3%, les partis moyens, les nouveaux et les listes indépendantes auraient obtenu globalement  une cinquantaine de sièges supplémentaires, ce qui aurait été plus juste, mais  la loi est la loi.»

«La révision des émoluments et indemnités parlementaires, relève de l’APN»
Concernant la révision des émoluments et indemnités des parlementaires, M. Ould Kablia a indiqué qu'elle «relève des attributions de l'Assemblée populaire nationale». Cependant, le ministre a admis que «beaucoup de partis politiques et une grande partie de l'opinion publique la souhaitent».
Le nouveau gouvernement devra s'attarder sur la question, bien que cela fasse partie des prérogatives de l'APN. Et de préciser :

«Cette révision doit se faire notamment en liant ces indemnités à la présence et à la participation effectives aux travaux du Parlement.» Cette problématique de la probabilité d'une révision à la baisse du régime indemnitaire des parlementaires avait été évoquée par le ministre de l'Intérieur en février dernier, en marge de la cérémonie d'installation de la commission de supervision des élections.

Par Sabrina B.

 
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