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Point net Expression et réseaux sociaux
Opposants, simplement critiques, les deux ou ni l'un l'autre, ils se retrouvent sur les réseaux sociaux. Certains d'entre eux ne manquent pas de pertinence même si la plupart du temps, ils se complaisent dans le constat. Ils sont jeunes et moins jeunes, des hommes et des femmes, mais ils sont surtout anonymes dans leur immense majorité. Ils portent des pseudos paraît-il, plus ils sont anonymes, plus ils sont radicaux.
Les opposants qui ont un nom sur les réseaux sociaux sont généralement des hommes, ou plus rarement des femmes, connus sur la scène médiatique. Ils sont journalistes, artistes ou politiques en rupture de ban organique. C'est quand même terrible l'indigence du nombre d'hommes politiques qui s'expriment dans ces espaces, formulent des idées ou proposent des débats. En dehors de quelques partis politiques qui y ont ouvert des pages officielles ou en «sous-traitance», il y a très peu de dirigeants ou cadres politiques qui interviennent dans ces espaces. Pourtant, on a convenu dans quasiment tous les partis politiques de la nécessité «impérieuse» d'investir ces moyens de communication moderne par excellence, devenus désormais de grandes zones d'activité humaine ou carrément des espaces de vie à part entière. Tout le monde en a convenu mais très peu l'ont fait, en dehors des périodes éphémères des campagnes électorales. Une période pendant laquelle les partis ont «essayé». Sans préparation, sans expérience et autant dire sans savoir, ils ont eu les velléités du moment. Une gestion anarchique, un discours qui ne colle ni avec la nature du support ni avec la sensibilité du public ciblé, des choix esthétiques figés sur des canaux archaïques, rien dans ce qui a été fait à l'occasion ne pouvait accrocher un public qu'ils savent nouveau sans savoir comment s'adresser à lui. Ils sont jeunes ou moins jeunes, des hommes ou des femmes, et on trouvé dans les réseaux sociaux, notamment Facebook, un moyen «légitime» de s'exprimer simplement, de «se vider» et parfois, bien sûr, régler quelques comptes qui ont trop attendu dans un coin du ventre. Ils s'opposent, ils dénoncent, ils crient, ils disent et existent. Ce n'est pas toujours sain. Parce que l'anonymat peut mener à toutes les dérives. Ce n'est pas toujours audible parce qu'on est plus dans l'expression individuelle que dans le débat. Ce n'est pas toujours lisible, parce que n'importe qui peut se prendre pour n'importe quoi et appartenir à n'importe où sans avoir à assumer quoi que ce soit. Les réseaux sociaux ont ceci d'entier qu'ils poussent au paroxysme la liberté, non seulement de dire ce qu'on veut mais aussi de ne pas être celui qu'on est. Alors on s'improvise militant de la première heure alors qu'on a été un planqué historique, on prend le ton du redresseur de torts quand on n'a que des choses à se reprocher, on s'improvise intellectuelle puisque toutes les fautes d'orthographe sont permises. Mais Facebook et les autres réseaux sociaux n'hébergent pas que des faux, il y a souvent de la qualité dans le texte, de l'humour, de la sensibilité, de la générosité, enfin, tout ce que peut attendre d'un espace de liberté ! Tenez, prenons l'exemple de l'actualité de ces derniers jours. Particulièrement la célébration du cinquantenaire de l'Indépendance. Des critiques les plus enflammées aux panégyries les plus plates, en passant par quelques trouvailles de génie, le 5 Juillet 2012 et le faste qui l'a accompagné ont été différemment appréciés. Remarque importante : plus les Algériens sont loin du pays, plus ils ont de l'affection pour leur pays et sont un tantinet patients avec ses dirigeants. Et si c'était pour ça que tant de monde veut partir ? Le débat est déjà ouvert sur les réseaux sociaux. laouarisliman@gmail.com |