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Cherifa Machti, sociologue, professeur à l'Institut de communication et des sciences de l'information à l'université Mentouri, au Temps d'Algérie : «Nous en sommes toujours à l'enseignement de quantité et non de qualité» Le phénomène de la surcharge des classes au niveau des écoles algériennes ne date pas d'aujourd'hui, selon Cherifa Machti, professeur à l'Institut de communication et des sciences de l'information à l'université Mentouri.
Elle explique les causes et les conséquences de ce phénomène en disant que «plusieurs raisons ont fait que ce phénomène prenne de l'ampleur» et d'ajouter : «Si on le considère dans son aspect positif, cela veut dire que l'Algérie recèle une autre richesse, celle de sa jeunesse de plus en plus renouvelée ; il aurait fallu proposer des solutions en temps opportun, mais cela n'a pas été fait (...) Malheureusement, d'année en année, le phénomène s'accentue, ce qui nous pousse à penser à une inconscience ou insouciance de la part des responsables vis-à-vis de ce phénomène.» Mme Machti estime qu'«il y a eu un manque de sérieux et des décisions arbitraires sans qu'on tienne compte de beaucoup de facteurs étroitement liés au problème, comme celui de la crise du logement et des relogements massifs». La sociologue précise que «depuis près d'une décennie, les familles au niveau des grandes villes notamment sont relogées au niveau des nouvelles villes dont la conception n'a pas tenu compte des mesures d'accompagnement des nouvelles habitations telles que les écoles. Donc il y a un certain dynamisme d'un côté et des structures non conformes de l'autre». Par conséquent «il y a toujours un manque de places pédagogiques et l'Etat est toujours incapable de résoudre seul le problème». Concernant les conséquences de ce phénomène sur la qualité de l'enseignement, elle souligne : «En tout cas, tous ces facteurs font que jusqu'à présent, nous avons un enseignement de quantité et non de qualité. Avec des classes surchargées, comment voulez-vous que l'enseignant puisse accomplir son devoir et que l'élève puisse assimiler ses leçons ?» Et de conclure : «Nous ne sommes pas sortis du tunnel jusqu'à présent et nous restons loin du nombre idéal pour un enseignement de qualité qui est de 16 élèves par classe, seule conditions pour améliorer de manière concrète et définitive le niveau». I. T. |