LE JOURNAL
 
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13-10-2012
Ils n'ont jusqu'à présent pas été jugés
Deux patriotes algériens mis en examen depuis 9 ans en France

Neuf années se sont écoulées depuis la mise en examen, en France, de deux patriotes algériens, sans qu'il n'y ait, depuis, un procès.

Les deux frères de la famille Mohamed sont accusés d'avoir commis un massacre collectif à Relizane, sans qu'il n'y ait une preuve matérielle ou concrète attestant de leur culpabilité. Cette absence de preuve empêche la tenue du procès jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi donc leur maintien en examen ? La réponse serait d'ordre politique, selon des sources qui en veulent pour «preuve» la désignation d'un avocat de l'accusation, présenté comme étant un partisan du «Qui tue qui ?». Me Vergès, lui, est l'avocat des deux patriotes.

L'affaire sera-t-elle évoquée lors de la présence actuelle du ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls ?
Ce qui est sûr, c'est que Abdelkader Mohamed et Adda Mohamed, deux frères qui ont perdu sept membres de leur famille, victimes du terrorisme, et dont le père est décédé sans qu'ils n'aient été autorisés à assister à l'enterrement (passeports confisqués, à l'époque, par le tribunal de Nîmes), continuent à souffrir depuis neuf longues années sans avoir eu, jusqu'à maintenant, le droit à un procès. Tout ce qu'il y a eu de nouveau, depuis, c'est la restitution de leurs passeports mais toujours astreints à se présenter régulièrement devant le magistrat en charge de l'affaire.

L'un des deux patriotes résidait en France, dans les années 1990, lorsque son père qui a constitué un groupe de défense contre les exactions terroristes perpétrés par le Groupe islamique armé (GIA) a été gravement blessé par balle. Il rejoint le pays et s'intègre au groupe, ne revenant en France qu'avec l'amélioration de la situation sécuritaire, emmenant avec lui un de ses frères.

Un autre de leurs frères a été assassiné en France. Une plainte a été déposée contre eux, en France, à la suite de la découverte d'un charnier à Relizane. Les plaignants accusent les deux patriotes d'avoir assassiné des citoyens avant de les avoir enterré dans ce charnier.

Chose non accompagnée de preuves et démentie catégoriquement par les deux patriotes qui, pourtant, ont consenti des sacrifices énormes dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le témoignage fait par un repenti de l'ex-Armée islamique du salut (AIS) attestant que le charnier est l'œuvre d'éléments du GIA et de l'AIS n'a pas eu l'écho escompté au tribunal de Nîmes dans le cadre de la recherche de la vérité. Depuis neuf ans, deux patriotes algériens qui ont beaucoup donné à la lutte antiterroriste vivent sans avoir le droit à un procès ni à la liberté qu'ils réclament pour leur innocence.

M. A.

 
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