LE JOURNAL arrow LE JOURNAL arrow Culture arrow Quelle mesure, pour quelle démesure ?
 
Version imprimable Suggérer par mail
16-10-2012
Point Net
Quelle mesure, pour quelle démesure ?

Comme nous, ils sont terribles, nos frères libyens. Quand ils y vont, ils y vont vraiment. Avant, on ne pouvait pas prononcer le nom de Kadhafi, si ce n'est pour de dithyrambiques et si possible bruyantes louanges. Maintenant, on ne peut pas l'évoquer si ce n'est pour vouer son corps et son âme aux enfers.

Avant, c'est dans les discothèques, à des heures graves de la nuit et dans des conditions physiques souvent pas brillantes qu’ils se faisaient remarquer. Ils aimaient particulièrement en découdre avec les frères du «Maghreb» ou... d'ailleurs, qui ne soient pas particulièrement sensibles à leur lyrisme nocturne sur la clairvoyance politique, l'exemplarité morale et la brillance intellectuelle de leur grandissime leader.

A l'époque, on exhibait les dollars du pétrole et on oubliait de montrer ceux qui crevaient la dalle. Ceux-là n'allaient pas dans les pubs londoniens ou les boîtes branchées parisiennes. Ils ne traversaient même pas leurs frontières nord qui pouvaient les ramener à Tam ou Ghardaïa pour de mémorables et souvent épiques soulographies. Il leur arrivait de faire quelques dégâts mais une certaine bienveillance à leur égard, doublée d'une qualité de bons payeurs que personne ne leur conteste, réparait toujours ça sans quelque bonne humeur.

Plus... sérieusement, les frasques helvétiques d'un des rejetons Kadhafi ont fait plus de bruit. En fait, plus on montait dans la hiérarchie politique et –donc sociale–, plus les frasques sont «raffinées», plus coûteuses et... pardonnées là où c'est très difficile qu'elles soient pardonnées ! Les temps ont changé, les enfants ont grandi et Kadhafi est parti. Il paraît que c'était une révolution printanière.

Il y avait eu beaucoup de chars, beaucoup de bombes, beaucoup de fusils pour beaucoup de morts, mais une révolution est une révolution, un printemps, un printemps. Et une révolution, ça change tout, au printemps comme en automne. On ne va ni dans les pubs londoniens ni dans les boîtes branchés parisiennes.

C'est pas des lieux pour vanter une révolution. On ne va même plus à Tam ou Ghardaïa où  la bière et le vin deviennent problématiques maintenant. Et puis les temps sont durs pour tout le monde, il faut faire attention aux lendemains incertains. Il n'y même plus de foot en Libye mais il y a une sélection nationale bricolée dans un championnat à l'arrêt depuis deux saisons ! Une aubaine, qu'on nous disait, pour les frères qui pouvaient ainsi «envoyer» non pas quelques dizaines, mais des milliers de supporters, «vendre» la révolution après avoir longtemps vendu le livre vert et son illustre auteur. Pour une fois, ils vont se retrouver sur le même terrain que leurs «frères algériens». Plusieurs terrains, en fait. Celui du foot-foot, celui du foot spontanément exutoire et celui de l'instrumentalisation.

Car, ils étaient bien pathétiques, les responsables, les journalistes et les «observateurs» algériens qui, dans une infinie perspicacité, ont vu dans le comportement des joueurs libyens à Casablanca, le signe évident d'une instrumentalisation politique. Une pratique pourtant visible bien avant, pendant et longtemps après quoi, le succès est au rendez-vous, évidemment.

A l'occasion de ce match retour, il faut bien dire que si les Libyens ont fait leur «cinéma» tout au long de leur séjour en Algérie, les supporters des Verts les ont bien insultés et en des termes particulièrement blessants, puisqu'ils ont été jusqu'à «emprunter» à Kadhafi les noms d'oiseaux avec lesquels il désignait les siens, coupables de soulèvement. Qu'ils aillent donc investir l'ambassade algérienne à Tripoli est certainement démesuré, dans ces histoires on est toujours de la mesure.

laouarisliman@gmail.com

Par Slimane Laouari

 
< Précédent   Suivant >
 
EDITION DU JEUDI 23 MAI 2013
Une figure de l’Islam des lumières

Ainsi parlait Hugo Chavez




 

 

Face book  

Dessin du jour

But de Belail
Une tempête de sable affole Barcelone
Un mystérieux OVNI affole le Moyen-Orient
Un député grec néonazi agresse deux femmes sur un plateau télé
Direction, rédaction,  administration, contactez nous auX Numeros suivants :Tel  021 69 96 31
       021 69 96 35
       021 69 96 72
       021 69 96 73
Fax (021)  69 96 61

Site waqt el djazair

                    Télévision  

           Canal algérie      TNT   

RSS - LE TEMPS