LE JOURNAL
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23-01-2013
Félix Arteaga, chercheur principal en sécurité et défense à l'Institut Real Al Cano (Madrid), au Temps d´Algérie :
«Le risque serait que les djihadistes se dispersent dans tous les pays voisins»

Le Temps d'Algérie : Quels sont les objectifs propres et globaux de la France à travers l’opération Serval ?
Felix Arteaga : La France agit pour la défense de ses intérêts nationaux au Mali qui sont liés à son passé colonial dans le pays et dans la région, avec la protection de ses citoyens et des ses investissements, ce qui explique ses actions individuelles.

En plus de cela, la France partage des intérêts en matière de sécurité avec d'autres acteurs régionaux et internationaux qui l’amènent à agir au plan multilatéral comme soutien aux opérations des Nations unies, de l'Union Européenne (UE), de l'Union Africaine ou de la Communauté des Etats d'Afrique occidentale (Cédéao).

La France s'attendait à ce que les milices jihadistes restent au nord du pays en renforçant leurs positions dans l'attente de voir la mission internationale de soutien au Mali (Misma) commencer son offensive à laquelle allaient participer les forces des pays de la Cédéao et les forces maliennes que l'UE doit entraîner pour récupérer cette partie du territoire malien.

Cependant, ils ont profité de la faiblesse des positions maliennes pour passer à l'offensive et avancer vers le Sud, ce qui a conduit le gouvernement malien à demander l´aide de la France.
Pour le moment, les actions militaires françaises se limitent à contenir l'offensive des milices jihadistes, à les affronter là où elles se trouvent, et à affaiblir leur capacité. Dans une seconde phase, l´offensive sera lancée contre leurs bases arrière.

Comment peut-on interpréter les événements de ces dernières heures ? Ont-ils un lien direct avec l´engagement militaire de la France au Mali ?
Si les actions militaires françaises doivent se limiter à éviter que les milices jihadistes occupent plus de positions, la situation sera bloquée et les forces françaises pourraient être relevées par les troupes africaines dans un délai de quelques mois. Dans ce scénario, les répercussions pour les pays de la région et pour ceux qui vont intervenir dans la mission internationale seront limitées.

En revanche, si la France porte les actions militaires jusqu'aux bases des milices du nord et entreprend une opération contre-terroriste, elle augmentera le risque de voir les combattants jihadistes se disperser dans les pays voisins ou que d'autres combattants viennent en renfort. Ce scénario de grands risques pour les pays limitrophes impliqués pourrait se produire lorsque la mission internationale se mettra en marche pour récupérer le nord du pays, bien que l'on ne s'attende pas qu'elle le fasse avant l'automne 2013.

L’Algérie a ouvert son espace aérien aux avions français et fermé ses frontières. C´est un appui important pour la France ?
Pour la France, tout soutien qui faciliterait son déploiement est important bien qu'il ne soit pas indispensable parce qu'elle dispose de plusieurs routes d'accès au Mali à partir des bases militaires dans la francophonie. Le renfort des frontières est important pour la France mais plus encore pour l'Algérie pour éviter que les milices jihadistes s'installent en territoire algérien.

Les gouvernements européens et les Etats-Unis disent partager totalement les objectifs de la France au Mali, en lui apportant un soutien politique unanime mais l´appui au plan pratique reste insignifiant...
Le soutien militaire limité à l'égard de la France a plusieurs motifs. Premièrement, la France a mis en marche l'opération de manière unilatérale, informant ses alliés en l´engageant aussitôt. Deuxièmement, le soutien logistique et d'intelligence offert déjà est moins compliqué que l'envoi de troupes sur le terrain parce que pour le faire, les gouvernements doivent évaluer la situation sur le terrain et ses conséquences pour leurs intérêts nationaux afin de pouvoir justifier l'envoi de ces troupes auprès de leurs parlements et opinions publiques.

Mis à part les situations extrêmes, la politique des alliés est celle de donner un «protagonisme» aux forces et aux acteurs régionaux, en les soutenant avec les moyens techniques et économiques qui leur manquent et sur demande de ces derniers, mais n'agissant pas unilatéralement. En cela, ils sont différents de la France qui a une vocation, des réflexes et des intérêts d'acteur régional direct.

Comment expliquer que Léon Panetta soit resté prudent à la question de savoir si la France a atteint ou non ses objectifs au Mali ?
La prudence obéit à l'expérience de première main des Etats-Unis en matière d’insurrections. Ils savent mieux que personne – Irak et Afghanistan – que ce qui est difficile c'est de combattre une insurrection qui s'abrite derrière la population, se déplace rapidement et agit sans restrictions morales ni contrôle démocratique. Ils savent également que les opérations n'évoluent pas toujours selon leurs plans, donc il vaut mieux être prudent que créer des expectatives d'optimisme.
    
Une solution politique au conflit malien est-elle encore possible ?
Le calendrier de l'opération militaire se dilate pour donner du temps aux négociations sous les auspices de l'Algérie et d'autres pays de la région. Cependant, ce qui arrive au Mali a démontré jusqu'à maintenant que seuls quelques groupes minoritaires sont intéressés pour participer dans une négociation politique pendant que les groupes jihadistes espèrent atteindre leurs objectifs à travers l'usage de la force, ce qui réduit les opportunités et les interlocuteurs pour les négociations.       

Propos recueillis par Hania A.

 
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