22-01-2012
Point Net
La fièvre avant le printemps

Question bateau : que se passe-t-il sur la «scène politique nationale» ? On aurait pu répondre simplement que les partis se préparent aux élections législatives prévues à la fin du printemps. Car après tout, c'est toujours une perspective enthousiasmante, une élection. Et on aurait entendu les commentaires qui vont avec.

Les partis se réveillent après une hibernation de quelques années. Ils font du zèle dans le soutien ou découvrent qu'ils peuvent soutenir. Ils poussent plus loin dans l'opposition ou se rendent compte que s'opposer peut payer. Ils ne font ni l'un ni l'autre parce qu'ils ont autre chose à faire.

Alors ils disent qu'ils réfléchissent si oui ou non, ils vont participer aux élections législatives. C'est le chef qui décide mais il consulte quand même la base militante avant de décider. L'autre a carrément dit qu'il n'ira pas à ce scrutin où tout est décidé d'avance.

«Tout», c'est un synonyme de «quotas» des fois qu'on n'aurait pas compris. Lui, il n'a pas de problème pour décider, puisque c'est lui le chef et c'est aussi lui la base militante. Alors il a décidé. Madame est souverainiste, elle ne veut surtout pas entendre parler de superviseurs étrangers, puisqu'il suffit de demander aux autorités du pays de garantir la régularité du scrutin et elle a demandé.

Madame va aller aux législatives, bien sûr, parce que, paraît-il, la tribune des travailleurs est toujours là et il n'y a toujours pas de problème à l'Assemblée nationale. On se souvient, quand Madame a dit qu'elle ne participera pas aux locales parce que dans les locales…

il y a des problèmes ! Et depuis, rien n'a changé. Et celui-là qui veut un «nouveau gouvernement apolitique» pour préparer et organiser les législatives.

Celui-là on ne l'a pas très bien compris. S'il veut une administration, il y en a une, s'il veut un gouvernement de transition qu'il le dise, mais un «gouvernement neutre et apolitique formé de compétences capables de réunir les conditions à même d'assurer le déroulement d'élections libres, crédibles et transparentes», personne ne sait ce que c'est, manifestement.

Le dernier, enfin. Secoué à gauche, secoué à droite et miné intramuros, il est obligé de tirer dans toutes les directions. Il nous donne le nombre de sièges qu'il va avoir, il tire sur son dernier allié, il «ne craint ni les islamistes extrémistes ni les démocrates éradicateurs». Vraiment enthousiasmant, une perspective électorale.


laouarisliman@gmail.com