| 18-05-2012 | |
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La voix d’or du monde arabe Warda la diva, Warda la voix d'or du monde arabe. Elle qui nous a appris à l'attendre chaque Premier Novembre chanter son pays, l'Algérie. Ce nom qu'elle porte en elle et dans sa voix. Pour ceux qui ont voulu qu'elle soit la remplaçante de Oum Kelthoum, elle leur a répondu : «Je ne suis ni la remplaçante ni la suivante de qui que ce soit». Née à Saint-Ouen près de Paris, de père algérien et de mère libanaise, elle a vécu à Paris jusqu'à l'âge de 16 ans entre cinq frères et sœurs et les tables du restaurant de son père, rue Saint-Séverin, appelé «Tam-Tam» (aux initiales Tunisie, Algérie, Maroc). Ce lieu servait aussi aux patriotes maghrébins. C'est de cette ambiance patriotique qu'elle fut imprégnée. L'amour de la patrie de son père où l'Algérie était un idéal pour celle qui allait devenir l'une des plus grandes stars de la chanson arabe. Elle avait aussi la nostalgie de ce pays qu'elle ne connaissait pas encore. «L'Algérie pour moi, c'était les histoires que me racontait mon père et l'alphabet arabe que ma mère m'apprenait dans la cuisine». Ce fut alors le début de sa carrière artistique. Cette première expérience fut vite interrompue par les évènements d'Algérie, et pour des raisons de sécurité, la famille quitte la France en 1956 pour un exil difficile au Liban. Après une période d'adaptation et de tâtonnement, Warda réussit à se faire engager dans des clubs à Beyrouth. A Damas, dans un gala artistique, Warda passe en scène. C'était en 1956, elle avait 17 ans. «J’ai participé à ce gala ; il y avait de grands noms, Abdelhalim Hafedh, Wadi’e Essafi, Sabah, Abdelmoutaleb… J'ai chanté à 4 h du matin. Il y avait deux Warda, la Libanaise et moi. On m'a annoncé en public comme Warda El Djazaïria». En 1957, elle chante «Saïdouna Ila El Djibal», un hommage rendu aux maquisards. Fadjrou min demana Saoufa alqaka maâ ennasrou Oi afrah El bachaïrSaoufa nabni oûchana Fi dhil tahrir El Djazaïr» Warda prend fait et cause pour la lutte de Libération nationale de l'Algérie et s'exile au Caire. Riadh Essombati, compositeur attitré de Oum Kelthoum, compose pour elle «Ya Houria ana bendahlek», «Djamila koulouna Djamila» du Libanais Affif Redhouane, un hommage rendu aux Djamila de la Révolution, «Ana min El Djazaïr», de Mohamed Mohcen…En 1962, elle découvre l'Algérie et se tait pendant 10 ans. «Je me suis mariée, j'ai fait la cuisine et deux enfants». Depuis, elle n'a cessé de se battre pour introduire des mots simples dans la liturgie de la chanson arabe. Elle se marie avec le compositeur égyptien Baligh Hamdi, et là commencent les belles chansons sentimentales. «El Wadaâ» (Les adieux), une des chansons les plus vendues, ou «Khalik Hina» (Reste là). En Egypte, les compositeurs les plus doués se succèdent pour lui écrire des chansons. Entre autres, Husseïne Essayad, Riadh Essombati, Baligh Hamdi et sans oublier le compositeur génial et prolifique, Mohamed Abdelwahab. Elle enchaîne enregistrement sur enregistrement. Sa voix ample et emphatique et son élégance à l'allure impériale ravissent, avec ses rythmes vifs et entraînants et ses mélodies capricieuses. Elle chante les amours contrariées, les amours retrouvées et la femme délaissée. Son écho est tel que c'est par millions que se sont vendus ses disques et ses cassettes dans le monde arabe. Warda divorce de Baligh Hamdi en 1977, et beaucoup de gens se sont empressés de dire que c'était son déclin. Elle revient alors avec une nouvelle chanson pleine d'allégresse et de rythmes. «Fi youm wi lila». (En un jour et une nuit) de Mohamed Abdelwahab. Elle la chante à l'Olympia en 1979 où elle fut présentée par son ami d'enfance, le chanteur Charles Aznavour. C'était le temps du raï et du reggae, elle délaisse alors les mélodies longues et langoureuses au profit de la chanson courte, «Batwanes bik», «Bahr el houb». «L'Algérie me manque comme à un poisson hors de l'eau. Surtout depuis que je commence à vieillir. Je crois que c'est humain. A cause de mon travail, je suis obligée de m'adapter et survivre. En Algérie, je suis bien dans ma peau. Mon pays, c'est tout ce que j'aime au monde après mes enfants». Après une longue absence pour des raisons de santé, Warda avait renoué avec son public en 2008 à Djemila (Sétif) et au Casif de Sidi Fredj. La reine du «tareb el arabi» mérite bien qu'on lui rende un hommage dans son pays, l'Algérie. B. R. |