28-05-2012
Massacre d'Al-Hola en Syrie
La Russie, la Chine et l'Iran exigent l'ouverture d'une enquête

La Russie, la Chine et l'Iran ont exigé hier l'ouverture d'une enquête sur les auteurs des massacres perpétrés dans la nuit de vendredi à samedi dernier à Al Hola en Syrie, où 108 personnes ont été tuées, dont des enfants et des femmes.

Cité par l'AFP, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Wimen a souligné que son pays condamne vivement le massacre et appelle à ouvrir une enquête immédiate et à en chercher les auteurs. Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Mehmanparast,  les auteurs des actes terroristes d'Al-Hola tentent de fermer les portes devant les solutions pacifiques.

Il a condamné avec fermeté les actes terroristes commis dans la localité d'Al-Hola en Syrie, qui ont coûté la vie à beaucoup d'innocents.

«De tels actes visent à établir le chaos et l'instabilité en Syrie pour torpiller toutes les solutions pacifiques», a-t-il souligné dans une déclaration à la presse, appelant à révéler leurs auteurs et à les punir. De même, le responsable iranien a estimé que l'intervention étrangère et les actes terroristes qui visent le peuple syrien résistant sont voués à l'échec, mettant en garde contre les parties qui cherchent à avorter le plan d'Annan et réitéré le soutien de l'Iran au peuple syrien conscient et aux réformes menées par le président Bachar Al-Assad.

Lavrov : «Le massacre est le fruit d'incitations extérieures»

La Russie a demandé l'ouverture d'une enquête sur le massacre, a déclaré hier le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

«Nous insistons pour que les événements qui se sont passés à Hola fassent l'objet d'une enquête», a déclaré le ministre. Selon les observateurs internationaux, le village syrien de Hola, situé près de la ville de Homs, a été attaqué les 25 et 26 mai, faisant 108 morts. Les autorités syriennes nient toute implication dans cette tragédie. Le premier adjoint au représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies Alexandre Pankine a déclaré, hier, que «le pilonnage de Hola pourrait constituer une provocation des anti-Assad».

Et d'ajouter : «Le massacre s'est produit à la veille de la visite de l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan.» La Russie a appelé, également, les pays occidentaux à cesser de viser la chute du régime syrien et à jouer le «même jeu» qu'elle en privilégiant la mise en oeuvre du plan Annan, estimant que «le massacre de Hola était aussi le fruit d'incitations extérieures».

«Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan», le médiateur international de l'ONU en Syrie, a ajouté M. Lavrov, soulignant qu'il était plus important de «mettre fin à la violence» que de «se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie».

Le Conseil de sécurité condamne
Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'ONU a «condamné dans les termes les plus fermes possibles» le massacre qui a fait 108 morts à Hola (centre de la Syrie).

Dans une déclaration adoptée dimanche à l'unanimité, les 15 membres du Conseil, évoquent «une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel».

Le Conseil «exige» aussi que le gouvernement syrien «cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes» dans les villes syriennes rebelles et «retire immédiatement ses troupes et ses armes lourdes» des villes pour les cantonner dans leurs casernes, conformément au plan de paix du médiateur Kofi Annan.          

R. I.