| 16-06-2012 | |
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Affaires des deux patriotes de Relizane, du diplomate Hasseni, des sept moines de Tibhirine… La justice française piégée par la «passion» franco-algérienne Si l'affaire Mohamed Merah, présentée comme étant le «tueur au scooter» et assassin présumé de sept personnes en France, est considérée en Algérie comme un dossier franco-français et relevant d’un caractère purement judiciaire, d'autres affaires sont là pour témoigner que des années durant, la justice française n'a pas été épargnée par l'influence de cette «passion» caractérisant les relations algéro-françaises. Les affaires des deux patriotes de Relizane, celle du diplomate Hasseni ou encore celle relative à l'assassinat des sept moines de Tibhirine sont là pour l'attester. Si l'affaire Mohamed Merah risque de créer le «scandale» du point de vue purement juridico-policier, en France (thèse évoquée par des médias selon lesquelles le «tueur au scooter» aurait été manipulé par des services français, et que son élimination a été privilégiée au détriment de son arrestation), les autres affaires citées risquent, elles, de porter atteinte à la crédibilité de la séparation de l'exécutif et du judiciaire dans l'Hexagone. L'affaire des deux patriotes de la famille Mohamed (Abdelkader et Hocine) remonte à l'année 2004 quand les deux personnes ont été interpellées en France, sur plainte pour «participation à des massacres». Un charnier venait d'être découvert à Relizane. Selon la plainte, les deux patriotes auraient exécuté les personnes dont les cadavres se trouvaient dans les charniers. Des émirs du Groupe islamique armé (GIA), repentis, avaient pourtant attesté que l'auteur des massacres n'est autre que l'organisation terroriste. Les deux patriotes sont pourtant mis en examen par le tribunal de grande instance de Nîmes. Une mise en examen accompagnée de la confiscation des passeports des deux personnes les empêchant de rentrer en Algérie. Le préjudice est évident quand la mise en examen a duré plusieurs années. Des voix s'étaient élevées en Algérie, dont celle de Mme Saïda Benhabyles, présidente de l'Association de la femme rurale, contre «cette mise en examen qui n'a que trop duré». En 2010, Saïda Benhabyles avait annoncé son intention de saisir par écrit la ministre de la Justice française de l'époque, Mme Michelle Alliot-Marie. Les parents des deux patriotes qui résidaient à Relizane étaient, eux, souffrants. Pas seulement par le fait d'être privés de leurs deux fils mais aussi parce que souffrant de maladie cardiaque. Le père est même atteint d'une balle tirée par des terroristes. Ce n'est que pour leur enterrement que les deux patriotes ont été autorisés par la justice française à rentrer en Algérie, à condition de retourner en France dès la fin des funérailles. Certains avaient estimé que la longue durée de la mise en examen des deux patriotes «s'explique par le fait que le tribunal ne disposait pas de preuves matérielles quant à leur inculpation présumée dans le massacre». Pourquoi ont-ils été donc mis en examen ? L'affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni est une autre tache dans l'histoire des relations entre les deux pays post-indépendance. Le diplomate algérien accusé de l'assassinat, en 1987, de l'opposant Ali Mecili, a été inculpé, lui, en France le 15 août 2008 pour «complicité d'assassinat». Ce dernier a été, rappelle-t-on, innocenté par la justice française mais après avoir subi un préjudice certain, celui d'être privé de son pays et après une campagne de dénigrement dont le but semble être lié à celui de l'affaire des deux patriotes de Relizane et même celui des sept moines de Tibhirine : renforcer la «campagne du qui-tue-qui ?» et tenter d'exercer une pression sur l'Algérie en guerre contre le terrorisme qui, aujourd'hui, revient par le nord du Mali, armé par les armes libyennes et financé par le paiement de rançons. Parce que dans l'affaire de l'assassinat des sept moines de Tibhirine, les partisans du «qui-tue-qui ?» tentent de faire ressurgir l'affaire mais avec une orientation précise : accuser l'armée algérienne, coûte que coûte, de leur élimination ou, si la pilule ne passe pas, l'accuser de «bavure». L'affaire Mohamed Merah ne fait que rappeler ces dossiers et d'autres, même si ceux-ci n'ont aucun lien juridique avec celle du «tueur au scooter» dans laquelle sept personnes (des soldats français et des enfants juifs) ont, malheureusement, été assassinées. Ce qui est un crime quel qu'en soit l'auteur. Mohamed Merah est-il la huitième victime (de manipulation) comme l'a été le grand reporter français Didier Contant présenté par Rina Sherman comme «le huitième mort de Tibhirine» ? M. A. |