| 18-07-2012 | |
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Point Net Ramadhan, des constantes aux surprises Il se peut bien qu'il l'ait fait à son corps défendant, mais tout de même, ça ne pouvait pas échapper à l'oreille la moins attentive. Il confirme par une intervention publique ce que tout le monde pense sans oser le dire franchement : dans la parole comme dans les faits liés à ce mois de jeûne, la spiritualité est une vue de l'esprit par rapport à ce qui aurait pu, dans le pire des cas, n'en être qu'une des caractéristiques. Dans la foulée, il tente maladroitement de faire passer des vessies pour des lanternes, allant jusqu'à se tromper de vocation. Ne pas «pénaliser le consommateur». Et les choses de s'imbriquer. Il n'y aurait de ce fait pas de contradiction entre les intérêts du consommateur que l'Union des commerçant entoureraient de son infinie bienveillance en lui laissant la latitude de… consommer en ce mois sacré de… consommation. Mais les «débrayages», comme on dit dans le monde ouvrier, peuvent reprendre. Il ne faut tout de même pas trop demander aux commerçants qui nous rappellent qu'ils ne font que «geler» les grèves programmées pour reprendre en période «normale» ! A leur décharge, les commerçants ne font que… faire comme tout le monde, dans un réflexe de folie nationale que personne ne se sent obligé d'éviter. Après tout, on a bien entendu et lu, comme si de l'horreur, on pouvait bien s'accommoder le reste de l'année. On a lu et entendu que les terroristes ont tué en plein mois sacré, que des travailleurs ont perdu leur boulot trois jours avant le Ramadhan, que des familles ont été chassées de le leur logement le jour de la nuit du doute, que des enfants dorment sous les arcades sous le regard de ceux qui sont pressés d'aller au f'tour, que les sinistrés d'un séisme ou d'une autre catastrophe naturelle sont toujours dans les centres de transit alors que Ramadhan est tout proche, que des diabétiques peinent à trouver l'insuline au milieu de «chah'r errahma», que des coupures d'électricité et d'eau empoisonnent la vie de milliers d'Algériens qui jeûnent et, enfin, pour boucler la grande boucle, une foultitude de soupes populaires et de «paniers» sont proposés aux citoyens en difficulté sociale, parce qu'il faut bien qu'ils… bouffent pendant le mois de carême ! Et l'Union des commerçants d'en rajouter une, très originale, celle-là : c'est pendant ce mois sacré que les «barons du marché noir» et les «réseaux mafieux du marché» écoulent l'essentiel de leurs marchandises à des prix exorbitants ! Perspicace à souhait, le porte-parole de l'UGCA clame haut et fort que ce sont ces barons du marché noir et ces réseaux mafieux qui veulent susciter la grève des commerçants honnêtes et bienveillants afin de leur laisser le terrain libre ! Il fallait vraiment la trouver, celle-là aussi. Et pour convaincre les plus sceptiques quant au souci de sa corporation de défendre les intérêts des consommateurs, il leur fait même une petite leçon de morale en les appelant à la… modération dans la consommation pour éviter le gaspillage ! On savait que toutes les reconversions sont possibles en ce mois : des coiffeurs qui vendent le bouquet garni, des plombiers qui se mettent au matlouâ et des papetiers à la zlabia, on connaît. Des commerçants qui appellent à moins consommer, on découvre. Ramadhan a ses constantes mais il ne se prive pas de nous surprendre pour autant. Slimane Laouari laouarisliman@gmail.com |