17-08-2012
Arriérés de salaires
Le dossier des marins d'IBC traîne toujours  


«C'est toujours l'attente. A ce jour, et en dépit de toutes les assurances qui nous ont été données, nos arriérés de salaires n'ont toujours pas été versés dans nos comptes. Nous sommes déçus, en colère et révoltés contre cette situation qui a trop duré et cette injustice pratiquée à notre égard», nous dira Rabah Youtichène, porte-parole du collectif des marins du navire IBC, pris en otages l'année passée par des pirates somaliens.

Cette déclaration a été faite à l'issue d'une rencontre tenue en milieu de semaine avec le directeur général de la compagnie pour mettre les dernières retouches à ce dossier. Malheureusement, les choses n'ont pas beaucoup avancé. Elles stagnent et plongent les marins dans le désespoir et la détresse. «Il nous a expliqué que l'argent n'a pas encore atterri dans les caisses de la Cnan Group et que nous devons patienter encore quelque temps», a précisé M. Youtichène.

Le porte-parole met en avant la situation de précarité que vivent actuellement les marins n'ayant d'autre ressource que leur travail.

«Notre situation personnelle et familiale est précaire et de plus en plus difficile. Il convient de constater que cette précarité galopante est un facteur aggravant loin d'être négligeable, particulièrement pour ceux qui n'ont que leur travail pour vivre», a-t-il indiqué. Ce qui a révolté encore plus les marins d'IBC, c’est la décision prise de verser les arriérés de salaires jusqu'au 30 avril 2012.

«C'est une décision incompréhensible d'autant qu'il n'a jamais été question d'un accord quelconque entre nous sur cette date», a-t-il affirmé. «Nous ne comprenons pas pourquoi le directeur général ne veut pas prendre en charge les arriérés de salaires des marins, alors que l'ex-ministre des Transports était formel sur cette question et que les pouvoirs publics étaient d'accord pour prendre en charge les arriérés de salaires sans fixer une date butoir», s'est-il interrogé. Selon lui, cette décision, fortement dénoncée par les marins, n'a pas pris en considération la situation professionnelle de certains marins.

 «Le sort de beaucoup d'entre nous est toujours en suspens», dira-t-il. «Une partie du personnel navigant se trouve toujours au chômage forcé, sans aucune indemnité. Ces marins sont redéployés à titre provisoire dans le secteur maritime. Ils ont déposé leur dossier de réintégration et attendent d'être convoqués par l'entreprise pour reprendre le travail», a-t-il expliqué. Pour lui, ce problème ne se pose pas pour les marins ayant repris du service.

M. Youtichène rappelle que «les marins d'IBC subissent une situation qui leur a été imposée et qu'ils refusent d'être les victimes des plans successifs de redéploiement dévastateurs d'emplois et de servir de variable d'ajustement», a-t-il dénoncé. «Est-ce ce que méritent des marins ayant donné plus de 25 ans de leur vie à cette compagnie qui était le fleuron de la flotte maritime algérienne et reconnue dans l'espace méditerranéen et ailleurs dans le monde ?», s'est interrogé M. Youtichène avec beaucoup de regret.

Nouria Bourihane