| 18-09-2012 | |
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Mohamed Laïb (président de l'USM El Harrach) au Temps d’Algérie : «Il faut arrêter cette frénésie des salaires élevés !» Il s'exprime rarement dans les médias mais lorsqu'il le fait c'est toujours avec une grande sincérité et sans détours qu'il donne son point de vue sur les questions d'actualité du football national et plus particulièrement sur son club l'USMHarrach. Le Temps d’Algérie : Votre équipe a débuté sur une victoire face à la JSK, c'est encourageant non ? Mohamed Laïb : «Entamer le championnat par une victoire est toujours une bonne chose surtout lorsque c'est face à un grand club comme la JSK qui est présenté comme l'un des favoris de ce championnat.» Et l'USMH toujours parmi les meilleurs malgré de modestes moyens et un recrutement très modéré ? «Tout le monde nous connaît comme étant un club formateur qui vit avec très peu de moyens par rapport à tous les autres clubs mais qui arrive à tirer son épingle du jeu et à jouer les premiers rôles à chaque fois. Il n'est pas question pour nous de vivre au-dessus de nos moyens quitte à en faire les frais.» Ces dernières années vous avez perdu un nombre considérable de bons joueurs justement faute de moyens… «C'est malheureusement à cause de la surenchère instaurée dans notre football et face à laquelle on ne peut pas lutter. On ne peut donner que ce qu'on a mais en revanche on la satisfaction d'avoir un bilan financier presque équilibré et pas de gros déficits comme d'autres clubs.» Cette saison encore vous avez perdu quelques joueurs de qualité ? «Honnêtement on ne peut pas retenir un joueur qui est en fin de contrat et auquel d'autres clubs offrent un salaire dix fois supérieur au nôtre. C'est comme ça par exemple que cette saison nous avons perdu Legrâa un bon défenseur qui s'est illustré sous les couleurs d'El Harrach.» Ne pensez-vous pas qu'il y a des exagérations en ce qui concerne les salaires des joueurs ? «C'est vrai qu'on devrait un jour ou l'autre mettre un terme à cette flambée qui pénalise certains clubs comme l'USMH. Mais qui peut agir pour arrêter cette frénésie qui fait mal à notre football sinon les clubs eux-mêmes en se mettant d'accord pour mettre en place une échelle de valeurs et plafonner les rémunérations des acteurs du football.» En attendant vous continuez de puiser dans les clubs de divisions inférieures ? «Comme nous l'avons toujours fait et je pense que cela nous convient parfaitement car le secret du résultat c'est le travail et la stabilité. Nous à El Harrach on a opté pour cette devise et hamdoullah ça marche. Combien de joueurs totalement inconnus sont venus à l'USMHarrach puis sont devenus des stars du football national ? L'exemple le plus édifiant qui existe encore chez nous est celui du jeune attaquant Bounedjah : il y a deux ans à peine personne ne le connaissait et lorsque Charef l'a lancé tout le monde nous demandait d'où est-ce qu'il vient ce joueur ? Et du coup un jour l'entraîneur national l'a convoqué. Comme quoi notre formule marche bien non ?» Vous détenez en tout cas le record de l'entraîneur le plus stable du championnat. «Oui Boualem Charef entame sa cinquième année avec nous et nous en sommes fiers. Et pas seulement croyez moi car c'est tout le staff qui entoure Charef, aussi bien technique que médical, qui est toujours en place.Et c'est grâce à cela qu'on réalise de bons résultats.» Et à moindre coût puisque vous êtes aussi le seul club de Ligue 1 à vous être préparé en Algérie ? «Oui et nous avons été les premiers à commencer la préparation au moment où tous les autres clubs étaient encore en vacances. Je tiens cependant à dire que nous avons effectué notre préparation dans un coin magnifique, à Témouchent plus exactement, et je peux vous affirmer qu'il y a en Algérie des endroits superbes où les clubs peuvent se préparer sans aller à l'étranger.» Vous êtes en somme un club qui donne des leçons ? «Non, non… pas du tout, loin de moi cette intention. Simplement, je dis que même avec des moyens relativement modestes on peut réaliser de bonnes choses.» L'USMH a un grand public mais souffre toujours de l'absence d'un grand stade. Qu'avez-vous à dire à ce sujet ? «Je dis que c'est vrai et que l'USMH et son public méritent un grand stade. En plus nous évoluons toujours dans un stade hors commune qui ne nous appartient pas en l'occurrence le 1er Novembre de Mohammadia. Cependant nous ne perdons pas espoir et nous attendons avec impatience l'inauguration du grand stade de Baraki de 45.000 places qui pourrait régler définitivement le problème de stade pour l'USMHarrach.» Entretien réalisé par Redouane Bendali |