18-09-2012

Révision de la loi sur les hydrocarbures

Un feu vert pour l'exploitation du gaz de schiste ?

Le projet de loi modifiant et complétant la loi n° 05-07 du 28 avril 2005, modifiée et complétée, relative aux hydrocarbures a été approuvé lundi en Conseil des ministres. Si les amendements que le Conseil des ministres a examinés introduisent essentiellement des dispositions permettant de renforcer l'approvisionnement du pays en hydrocarbures

 il n'en demeure pas moins que l'objet du texte qui vise «à contribuer à maintenir l'attractivité de notre pays en matière d'investissements», surtout en termes «de marchés et d'avènement de nouvelles technologies, notamment en ce qui concerne les procédés d'extraction», fait penser à un feu vert pour l'exploitation du gaz du schiste.


Option controversée de par ses coûts faramineux (un puits de gaz de schiste horizontal coûte entre 8 à 12 millions de dollars. Alors qu'on ne récupère que 15 à 20% de ce gaz, comparativement à 90% du gaz récupéré des gisements de gaz classique) et les désastres qu'elle peut causer à la nappe albienne dans la mesure où, l'exploitation qui demeure un risque élevé de pollution, nécessite une énorme quantité d'eau. Des «aménagements fiscaux» sont donc consentis pour «l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans des zones peu prospectées ou exigeant l'utilisation de moyens complexes».

Le ministre de l'Energie avait souligné que les nouvelles technologies introduites dans l'exploration ces dernières années «permettent à l'Algérie d'entrevoir de nouvelles possibilités d'augmenter d'une manière très significative ses réserves d'hydrocarbures». Le président de la République a, quant à lui, insisté au cours du même conseil sur «la nécessité d'intensifier l'effort en matière d'exploration dans l'ensemble du domaine minier national».

Alors que des pays comme la France, par le biais de son Président qui a demandé à sa ministre de l'Ecologie «de prononcer sans attendre le rejet des sept demandes de permis d'exploitation auprès de l'Etat et qui ont légitimement suscité l'inquiétude dans plusieurs régions de France», en Algérie on demeure plutôt favorable à cette exploitation «risquée», coûteuse et dangereuse.                          

Saïd Mekla