| 26-09-2012 | |
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Ils engrangent plus de 700 milliards de centimes par an Plus de 20 000 parkings sauvages en Algérie Le nombre de parkings sauvages dépasserait les 20 000 au niveau national, selon des sources concordantes de wilayas. En Algérie, dans presque chaque ruelle, un parking sauvage est «improvisé» par, généralement, des groupes de jeunes ne disposant d'aucune autorisation pour cette activité «très rentable». «En prenant en considération le nombre de ruelles dans chaque commune et la réalité selon laquelle un parking est imposé dans presque chaque commune, nous pouvons dire qu'il existe, en Algérie, plus de 20 000 parkings sauvages», nous diront nos sources. Les automobilistes, à l'affût d'une place pour stationner, sont souvent victimes du diktat imposé par les «gérants» de ces parkings non autorisés mais longtemps «tolérés» par les autorités. Nos sources estiment que le problème date de 1980, lorsque un projet de réalisation de 100 parkings a été évoqué par les pouvoirs publics. «Le projet en question, programmé dans le cadre du PDAU (plan directeur d'aménagement et d'urbanisme) n'a, malheureusement, jamais vu le jour», nous dira une source proche du dossier. Les besoins en stationnement se sont accumulés, depuis, et le déficit accentué avec, notamment, le renforcement du parc automobile national, explique la source. La création de parkings relève de la politique d'aménagement urbain qui prouve son échec, avec la persistance de ce problème, selon nos interlocuteurs. «Il n’y a pas eu une politique de parkings», ajoute la même source. Il y a également «un manque de coordination entre différents intervenants dans la réalisation des cités». Combien gagnent les «gérants» de parkings non autorisés ? L'important n'est pas de connaître la «recette» quotidienne dans chacun de ces parkings mais d'avoir une idée sur le montant non contrôlé par l'Etat, en particulier pour un pays qui a longtemps souffert de financements qui ont causé un préjudice à sa sécurité et sa stabilité. «Si seulement 1 million des 4 millions d'unités que compte le parc automobile algérien est contraint, quotidiennement, de mettre la main à la poche dans un parking sauvage, et en prenant en considération le prix de 20 DA la place, ce sont, annuellement, plus de 700 millions de centimes engrangés par les parkings non autorisés au niveau national. Un argent non contrôlé par l'Etat dont les caisses perdent, en l'absence de taxes, des sommes considérables. Pire, l'Etat ne sait pas où va cet argent.» L'alerte est donnée par les spécialistes de l'aménagement urbain et finances, selon lesquels «les chiffres approximatifs livrés ci-joint sont en dessous du chiffre réel.» En effet, les prix de 20 DA pratiqués, il y a quelques années, par les gérants de parking non autorisé, ont, depuis, été revus à la hausse pour atteindre 30 DA et même 50 DA. L'Etat ne sait pas si tout cet argent bénéficie aux «gérants» seulement ou est utilisé dans des créneaux inconnus, ajoutent-ils. Les mêmes spécialistes insistent sur la qualité des études pour la réalisation de parkings. C'est ainsi qu'ils s'interrogent sur cet avis d'appel d'offres, lancé récemment, dans une des wilayas du pays, pour l'étude de la réalisation d'un parking. Le délai accordé pour l'étude est de 21 jours. «C'est inconcevable, puisque 21 jours est un délai largement en dessous du temps nécessaire pour une telle étude», selon eux. «Une étude bien faite est celle qui prévoit tout, y compris et surtout des situations de difficultés, dont, et surtout des issues de secours et le délai de seulement 21 jours est insuffisant pour ce travail», ajoutent-ils. La centralisation des services administratifs n'aide pas à mettre fin à ce problème qui rend la vie difficile aux habitants de la capitale comme aux habitants des autres wilayas du pays qui s’y déplacent pour motif de travail, administratif ou autre. Mounir Abi |