| 20-10-2012 | |
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Point Net Le volontariat Tous ceux qui sont en âge de se rappeler... se rappellent de la révolution agraire et des deux campagnes de volontariat organisées par les étudiants en hiver et en été. A l'époque déjà, l'action soulevait de sourdes polémiques, quand on n'en riait pas tout simplement pas sous cape. Pour les uns, si une «tâche d'édification nationale», comme on appelait alors les grands chantiers de développement du pays, a besoin des étudiants pour la mener à terme, c'est que le pouvoir n'avait pas mis tous les moyens nécessaires à son aboutissement, comme le prétendait le discours officiel. Pour les autres, c'est au contraire le manque de volonté politique de ce même pouvoir, du moins d'une partie hostile en son sein, qui a incité un courant d'opinion entièrement acquis à la cause à agir, entre autres, par l'entremise des étudiants, comme «force vive de la nation». Il s'est même trouvé une troisième «voix» pour qui, les paysans dont la révolution projetait de faire le bonheur n'étant pas suffisamment «conscients des enjeux» devaient être boostés par plus éclairés . Ce ne sont pas les concepteurs de la révolution agraire qui avaient inventé le bonheur au pas de charge. Et quand le bonheur a fait un flop, on n'en a peut-être, des décennies après, pas tiré toutes leçons. Une politique vouée à l'échec par sa nature et son anachronisme ne pouvait pas être sauvée par le bénévolat, mais les vieux réflexes ont la peau dure. On est virtuellement passé à «autre chose» en gardant toutes les turpitudes passées, dont le «volontariat» est l'une des plus caractéristiques. On a continué à faire du volontariat là où il est question de concevoir des politiques. A susciter et même financer des actions... spontanées ! Ils sont toujours pathétiques, pour ne pas dire autre chose, ces gamins de cités-dortoirs mobilisés, pioches et pelles en main pour venir à bout d'amoncellements d'immondices «oubliés» par des services communaux dépassés et obsolètes ! Pour la petite histoire, il se trouve régulièrement parmi les «volontaires» des agents qui auraient dû commencer par faire leur travail quotidien au lieu de venir... y contribuer à chaque fois que l'humeur d'un responsable en éprouve le besoin. Ils sont tout aussi pathétiques, les braves femmes et hommes convoqués devant les caméras de la télévision publique, jamais trop loin dans ce genre de show, pour planter un arbre, pendant qu'on tue les platanes centenaires en milieu urbain et qu'on laisse brûler les oliviers et les cèdres. Ils sont drôles les Algériens tout fiers de se mettre à la tâche pour aménager des espaces «d’égorgement» du mouton de l'Aïd dans leur quartier quand les précautions sanitaires nécessitent des abattoirs conçus dans les règles d'hygiène, avec un strict contrôle vétérinaire. Ils sont au moins naïfs, les services de la Protection civile qui viennent d'appeler à «une campagne de volontariat pour le nettoiement des lieux publics à l'approche de l'Aïd ! Ils veulent nettoyer pour éviter les accidents devant les... cimetières. Ils veulent nettoyer le «paysage» des canettes de bière et des bouteilles de vin dans un pays où il est question de défendre la liberté d'en consommer ! Des journées sans voiture sur la rue Didouche par un vendredi, le jour où précisément il y en a très peu. Une journée sans voiture dans une capitale sans taxis. Elles sont belles, les «actions citoyennes» qui font rire les citoyens. Le bénévolat sans les permanents et les volontaires indépendants de leur volonté. L'appoint sans la base. Il y a des décennies, le volontariat. Il est toujours là, orphelin d'un... projet à booster. laouarisliman@gmail.com |