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Dim, Mar

Culture
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Le Prix Emir-Abdelkader du vivre ensemble a été attribué mercredi à l'ancien directeur général de l'Unesco, Federico Mayor.


L'ambassadeur d'Espagne en Algérie, Alejandro Palanco Matas, qui a reçu le prix lors d'une séance organisée mercredi soir à Mostaganem en présence du ministre de la culture Azzedine Mihoubi a déclaré que l'attribution de cette distinction à l'ancien directeur général de l'Unesco, Federico Mayor, était un honneur tant pour l'Espagne, son pays, que pour la personnalité primée. «C'est un grand honneur pour nous, Espagnols. Ce prix consacre le travail effectué par M. Mayor au sein de l'Unesco pour le rapprochement entre les peuples. Il est l'une des personnes ayant prôné cette idée de culture de la paix et de coexistence pacifique. Sa pensée rejoint l'esprit et la philosophie de l'Emir Abdelkader», a indiqué le diplomate espagnol à l'APS, en marge de la cérémonie de remise de ce prix. Pour le diplomate espagnol, le parcours historique de l'Emir Abdelkader est lié à son image d'homme d'action et de farouche combattant, même si ce profil tranche avec l'image de penseur et de philosophe qu'il a toujours été, prônant la solidarité, la fraternité et la tolérance entre les êtres humains. «Dans la situation que traverse actuellement le monde, la pensée de l'Emir Abdelkader est toujours d'actualité. Elle a une importance capitale et il est primordial de le rappeler à chaque fois», a-t-il ajouté. Au sujet des relations algéro-espagnoles, l'ambassadeur espagnol a estimé que la coopération entre les deux pays est «très dense» et concerne tous les plans, aussi bien politique qu'économique et social. «Nous travaillons pour nous rapprocher davantage. Nous sommes très proches sur tous les plans et dans tous les domaines et pas seulement géographiquement», a-t-il affirmé. L'Espagnol Federico Mayor, lauréat de la rive nord de la Méditerranée, a été absent de la cérémonie de remise du Prix de l'Emir-Abdelkader pour des raisons de santé. L'ambassadeur d'Espagne en Algérie a reçu le prix à sa place.

Se réapproprier la pensée de l'Emir Abdelkader
 
Lors de cette cérémonie, le président du programme «MED 21»,  Mohammed Aziza, a insisté sur la nécessité de se réapproprier la pensée de l'Emir Abdelkader en matière de vivre ensemble, de coexistence pacifique et de fraternité face aux dangers qui menacent aujourd'hui l'humanité. Il a tenu à rappeler que «l'Emir Abdelkader a toujours prôné la compréhension et le dialogue entre les peuples, indépendamment des différences de croyances, de religions et d'idées». Pour sa part, le Dr Mahmoud Omar Chaalal, président de l'Union nationale des zaouïas algériennes et président de l'Union mondiale du soufisme, a salué, dans une déclaration à l'APS, l'initiative de la création du Prix Emir-Abdelkader pour encourager et promouvoir le vivre-ensemble et la coexistence pacifique, rappelant le rôle des zaouïas et du soufisme dans le renforcement des rangs de la société algérienne.
Le diplomate algérien Driss Djazairi, arrière petit-fils de l'Emir Abdelkader et rapporteur spécial du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a, quant à lui, estimé que la mise en valeur des principes de paix, de tolérance et de coexistence prônés par l'islam est à même de combattre la pensée extrémiste et islamophobe à travers le monde. «L'institution du Prix Emir-Abdelkader pour encourager le vivre-ensemble et la coexistence pacifique prouve la modernité de la pensée de cette figure historique algérienne qui prônait les valeurs humanitaires comme la fraternité, la tolérance, le vivre ensemble contenues dans le Saint Coran depuis plus de 14 siècles», a souligné Driss Djazaïri dans une déclaration à l'APS. Concernant la création de ce Prix récompensant les personnalités les plus influentes dans le domaine du vivre ensemble et de la coexistence pacifique, Driss Djazaïri a estimé que «cette distinction est la matérialisation du vœu de la société civile algérienne de voir consacrer la pensée de l'Emir Abdelkader basée sur la paix, la compréhension de l'autre et la tolérance». Le diplomate algérien a estimé que le choix des premiers lauréats de cette distinction a été judicieux, car ce sont des personnalités très connues pour leur engagement qui ont été récompensées. Pour rappel, le Prix Emir-Abdelkader a été décerné à trois personnalités internationales marquantes, en l'occurrence l'Algérien Lakhdar  Brahimi, l'Espagnol Fédérico Mayor et le Canadien Raymond Chrétien, en signe de reconnaissance à leur efficace contribution à mettre en œuvre le vivre ensemble et renforcer la coexistence pacifique entre les peuples et les ensembles  sociaux. La cérémonie de remise du prix, initiée par l'ONG Association internationale soufie alaouiya (AISA), la Fondation Djanatou El Arif et le programme Med 21 a vu la présence du ministre de la culture Azzedine Mihoubi et de plusieurs personnalités nationales et étrangères dont  Joshua Robert Pope, maire de la ville américaine d'El Cadir (en hommage à l'Emir Abdelkader). La cérémonie a coïncidé avec la célébration de la journée mondiale de la paix, proclamée par l'ONU et coïncidant avec le 21 septembre de chaque année.              


Aps/synthèse B. S.