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Dim, Mar

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La célébration du rituel «Mawssim» du saint patron de la tribu des Ouled Nhar, Sidi Yahia Bensfia, situé dans la commune de Sidi Djilali, a été fidèle à sa tradition.

Ce jeudi passé, des centaines de tentes ont été dressées tout autour du mausolée et à la forêt qui l'entoure, et des milliers de personnes, venues de toutes les régions de la wilaya de Tlemcen et des wilayas limitrophes, ont tenu à assister à cet événement socioculturel et religieux. Un important dispositif de sécurité a été mis en place par la Gendarmerie nationale pour assurer la quiétude des familles et des visiteurs, et les organisateurs n'ont pas lésiné sur les moyens pour la réussite de cette fête annuelle, célébrée depuis la fin du XVIIe siècle par l'ensemble des tribus des Ouled Nhar, réparties entre les communes de Sidi Djillali, Sebdou, Al Bouihi, Al Gor et Al-Aâricha. Mais la région compte d'autres importantes tribus, dont on peut citer, entre autres, les Ouled Ouriache et les Negadis, et c'est le saint Sidi Yahia Bensfia qui a réussi à les unifier après avoir réglé tous les différends qui les opposaient par sa sagesse et sa piété. Depuis, un grand «Mawssim» religieux, devenu «Waâda» par la suite, est organisé chaque année avec la participation de toutes les tribus. La fête dure trois jours et trois nuits. Les adeptes de la fantasia, du baroud et de la cavalerie traditionnelle, sur fond de spiritualité y viennent et assistent chaque année à ce rituel qui a dépassé le territoire de cette région agropastorale et steppique. L'hospitalité est de mise et tous les visiteurs sont pris en charge par les familles sous les tentes pour y déguster du couscous et siroter un succulent thé à la menthe. La «Waâda» est aussi un carrefour de tous les cavaliers et les troupes folkloriques de toute la wilaya et des régions du sud-ouest du pays. Des centaines de cavaliers traditionnels ont ouvert le bal, ce jeudi soir, de cette importante manifestation où s'entremêlent le rituel, le mysticisme, la piété, la fête, la joie, les danses populaires et folkloriques, la poésie populaire, la fantasia et la prière collective. Il faut reconnaître que Sidi Yahia Bensfia est très vénéré par l'ensemble de cette communauté tribale, et c'est sous son mausolée qu'on règle à ce jour tous les différends qui surviennent entre les personnes. Il est né vers le début du XVIe siècle, en 1529. Son père était un grand cheikh et un théologien reconnu. Sa grande sagesse a permis la réunification de toutes les tribus de la région du sud-ouest. C'est, donc, dans un milieu de savoir et de soufisme que Sidi Yahia Bensfia a grandi pour se consacrer, ensuite, à la théologie, le soufisme, le fikh et la langue arabe. Il s'est éteint en 1610 après avoir consacré toute sa vie à l'enseignement du noble Coran, des sciences islamiques et l'éducation de la Sounna.

B. Soufi