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Ven, Mar

Football
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Ces clubs savent qu'à chaque fois qu'ils ont été opposés à un différend avec les instances dirigeantes du football, ils ont fini par obtenir gain de cause.

 

C'est une réunion particulièrement houleuse qui a eu lieu, jeudi dernier, entre les responsables de la Ligue du football professionnel et les présidents des clubs des Ligues 1 et 2. Houleuse, en effet, parce qu'il a été fortement question de sous et de dettes de la part de ces clubs que la LFP espère amener à plus de retenue dans leur gestion quotidienne, notamment en matière de paiement de salaires de leurs joueurs et de leur situation vis-à-vis d'un organisme aussi important que la CNAS. Selon les informations que nous avons pu obtenir, il semblerait que le président de la LFP se serait heurté à un mur d'incompréhension, les présidents de clubs estimant que cette instance exagère en interdisant à certains d'eux tout recrutement de joueurs. Concernant les dettes vis-à-vis de la CNAS, les clubs les trouvent trop élevées et comptent sur une intervention de l'Etat pour les effacer.
Ils ont bien raison ces présidents de clubs de se comporter de la sorte. Ils ont raison parce qu'ils savent qu'à chaque fois qu'ils ont été opposés à un différend avec les instances dirigeantes du football, ils ont fini par obtenir gain de cause. Le dernier exemple nous avait été fourni par l'affaire de la domiciliation des demi-finales de la Coupe d'Algérie, à savoir MCA-ESS et CRB-USMBA. On se souvient qu'une réunion avait regroupé les dirigeants des quatre club avec ceux de la commission fédérale d'organisation de cette compétition, réunion à l'issue de laquelle il avait été décidé que les deux matches en question aient lieu au stade du 5-Juillet et ce, malgré le refus du MCA et du CRB de se plier à un tel verdict. Qui avait gagné à la fin ? Les deux clubs que nous venons de citer puisque les instances dirigeantes du football avaient dû se plier à l'injonction leur demandant d'opter pour les stades de Bologhine et du 20-Août.
Les clubs de football des Ligues 1 et 2 ont trop d'influence. Pas tous mais une bonne partie d'entre eux. On a vu comment le RC Relizane a été sanctionné pour n'avoir pas payé ses joueurs dans les temps alors que cette pratique est courante dans le football algérien. Il est plus facile de sanctionner un modeste RCR qu'un autre club dont on sait qu'il a une plus grande renommée dans notre football. Voilà pourquoi l'idée de voir la CNAS effacer toutes les dettes de ces clubs n'est pas farfelue. Nous sommes arrivés à une situation catastrophique de la gestion du football professionnel avec des clubs surendettés incapables d'honorer les salaires de leurs employés. Pour juguler le phénomène, la FAF a interdit à certains de ces clubs tout recrutement. Malgré cette mesure, ces clubs font la sourde oreille et continue à recruter des joueurs. «Avec de l'argent qu'ils ne possèdent pas» pour paraphraser le président de la FAF, Kheireddine Zetchi. Le drame est qu'il ne se trouve pas un seul organisme ou une personne qui dise à ces clubs : «stop !». Ces derniers continuent dans leur politique suicidaire alors que le pays traverse une crise financière aigue. La CNAS consent de faire des faveurs à ces sociétés sportives commerciales mais pas au point d'effacer toutes les dettes qu'elles ont contractées auprès de ses services. Il y a quelques années de cela, le directeur général, en personne, de cette même CNAS avait pris part à une journée d'études organisée par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
Ce directeur-là avait eu du mal à se faire comprendre par des présidents de clubs dont certains sont toujours en poste. Si la FAF et la LFP veulent entreprendre des démarches avec l'espoir de réussir, il leur faut l'appui des services de l'Etat. Sans une telle alternative, on se dirigera tout droit vers un mur sur lequel viendront se fracasser toutes les utopies du football professionnel algérien.

Ahmed Achour